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Nombres complexes : équations du premier degré et systèmes — Exercices 15 à 17

Nombres complexes : équations du premier degré et systèmes — Exercices 15 à 17

2e Bac Sciences Mathématiques — Al Moufid

Résoudre une équation dans l'ensemble des nombres complexes nécessite de maîtriser les règles du calcul algébrique, notamment la division par un complexe non nul. Ces exercices proposent une progression allant des équations du premier degré aux systèmes de deux équations, puis à la factorisation d'un polynôme complexe.

Plusieurs méthodes déjà connues dans les réels restent valables dans les complexes : isoler une inconnue, substituer une expression, utiliser un produit nul ou identifier les coefficients d'un polynôme. Cependant, les quotients imposent une attention particulière aux dénominateurs, et le passage à la forme algébrique utilise fréquemment le conjugué d'un nombre complexe. Dans chaque question, nous préciserons la propriété employée, ses conditions d'application et la raison du calcul effectué, avant d'interpréter le résultat.

Rappel de cours — Équations dans \(\mathbb C\)

Si \(a\) et \(b\) sont deux nombres complexes avec \(a\neq0\), l'équation :

\[ az=b \]

admet une unique solution :

\[ z=\frac ba. \]

Pour mettre un quotient sous forme algébrique, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur. En particulier, si \(a,b\in\mathbb R\) et \(a+ib\neq0\) :

\[ \frac1{a+ib}=\frac{a-ib}{a^2+b^2}. \]

On utilise aussi la propriété du produit nul : le produit de deux complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul.

Exercice 15 — Équations dans \(\mathbb C\)

Résoudre dans \(\mathbb C\) les équations suivantes :

1) \(8+3i+iz+7(z-4i)=0\)

2) \((9+i)z=3+i\)

3) \((3-i)z+3+i=2z-4i\)

4) \(\displaystyle\frac{3z}{z-i}=1+i\sqrt3\)

5) \(\big((2+i)z-i\big)(9z+8-4i)=0\)

6) \(\displaystyle\frac{4z+1}{iz+i}=4\)

Stratégie générale. Les trois premières équations se ramènent à la forme \(az=b\), avec \(a\neq0\). Les questions 4 et 6 contiennent des quotients : nous déterminerons d'abord leurs conditions d'existence. La question 5 est un produit nul qui se résout en annulant chacun des facteurs.

1) Résoudre \(8+3i+iz+7(z-4i)=0\)

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Repère de cours. Une équation du premier degré dans \(\mathbb C\) se résout par les mêmes opérations algébriques que dans \(\mathbb R\). Pour isoler l'inconnue, il faut regrouper les termes qui contiennent \(z\).
Méthode. Nous développons d'abord les parenthèses, puis nous séparons le terme contenant \(z\) du terme constant. La dernière étape sera la division par le coefficient complexe non nul \(7+i\).

En développant :

\[ 8+3i+iz+7z-28i=0. \]

On regroupe les termes contenant \(z\), puis les termes constants :

\[ (7+i)z+8-25i=0. \]

Donc :

\[ (7+i)z=-8+25i. \]

Comme \(7+i\neq0\), on peut diviser les deux membres par ce complexe.

\[ z=\frac{-8+25i}{7+i}. \]

Pour obtenir la forme algébrique, on multiplie par le conjugué \(7-i\) :

\[ z= \frac{(-8+25i)(7-i)} {(7+i)(7-i)}. \]

On obtient :

\[ z=\frac{-31+183i}{50}. \]
\[ \boxed{ S=\left\{ \frac{-31}{50}+\frac{183}{50}i \right\} }. \]
Interprétation. Le coefficient de \(z\) étant non nul, l'équation possède une unique solution. Celle-ci est donnée sous forme algébrique, avec une partie réelle et une partie imaginaire explicitement déterminées.

2) Résoudre \((9+i)z=3+i\)

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Repère de cours. L'équation \(az=b\) admet la solution \(z=b/a\) lorsque \(a\neq0\). Cette condition doit être vérifiée avant de diviser.
Méthode. L'inconnue est déjà isolée à un coefficient multiplicatif près. Il suffit de diviser, puis de simplifier le quotient à l'aide du conjugué.

Comme \(9+i\neq0\), on obtient :

\[ z=\frac{3+i}{9+i}. \]

On multiplie le numérateur et le dénominateur par \(9-i\) :

\[ z= \frac{(3+i)(9-i)} {(9+i)(9-i)}. \]

Ainsi :

\[ z=\frac{28+6i}{82} =\frac{14}{41}+\frac{3}{41}i. \]
\[ \boxed{ S=\left\{ \frac{14}{41}+\frac{3}{41}i \right\} }. \]
Interprétation. Le calcul illustre une propriété essentielle : diviser par un complexe non nul est toujours possible, même lorsque le dénominateur n'est pas réel.

3) Résoudre \((3-i)z+3+i=2z-4i\)

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Repère de cours. Lorsque l'inconnue figure dans les deux membres d'une équation, on rassemble tous ses termes dans un seul membre.
Méthode. Nous soustrayons \(2z\) aux deux membres, puis nous transférons les termes constants. L'équation prendra alors la forme \(az=b\).

On regroupe les termes contenant \(z\) :

\[ (3-i)z-2z=-3-i-4i. \]

Donc :

\[ (1-i)z=-3-5i. \]

Comme \(1-i\neq0\), nous pouvons écrire :

\[ z=\frac{-3-5i}{1-i}. \]

On utilise le conjugué \(1+i\) :

\[ z= \frac{(-3-5i)(1+i)} {(1-i)(1+i)}. \]

On obtient :

\[ z=\frac{2-8i}{2} =1-4i. \]
\[ \boxed{S=\{\,1-4i\,\}}. \]
Interprétation. La présence de \(z\) dans les deux membres ne change pas la méthode générale. Après regroupement, nous retrouvons une équation du premier degré à solution unique.

4) Résoudre \(\displaystyle\frac{3z}{z-i}=1+i\sqrt3\)

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Repère de cours. Une équation comportant un quotient doit être étudiée sur son domaine de définition. Le dénominateur d'une fraction ne peut jamais être nul.
Conditions et méthode. Nous commençons par exclure la valeur \(z=i\). Cette vérification permet ensuite de multiplier l'équation par \(z-i\), puis de ramener le problème à une équation linéaire.

Le dénominateur impose :

\[ z-i\neq0 \quad\Longleftrightarrow\quad z\neq i. \]

Pour \(z\neq i\), on a :

\[ 3z=(1+i\sqrt3)(z-i). \]

En développant le membre de droite :

\[ 3z=(1+i\sqrt3)z+\sqrt3-i. \]

On regroupe les termes en \(z\) :

\[ (2-i\sqrt3)z=\sqrt3-i. \]

Le complexe \(2-i\sqrt3\) est non nul. Nous pouvons donc diviser :

\[ z=\frac{\sqrt3-i}{2-i\sqrt3}. \]

En multipliant par le conjugué \(2+i\sqrt3\), on obtient :

\[ z= \frac{(\sqrt3-i)(2+i\sqrt3)} {(2-i\sqrt3)(2+i\sqrt3)}. \]

D'où :

\[ z=\frac{3\sqrt3+i}{7}. \]

La solution trouvée est différente de \(i\) : elle respecte donc la condition initiale.

\[ \boxed{ S=\left\{ \frac{3\sqrt3}{7}+\frac17i \right\} }. \]
Interprétation. La multiplication par le dénominateur est justifiée uniquement après la restriction \(z\neq i\). La solution obtenue étant admissible, l'ensemble des solutions contient exactement cet élément.

5) Résoudre \(\big((2+i)z-i\big)(9z+8-4i)=0\)

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Repère de cours — Produit nul. Pour deux nombres complexes \(u\) et \(v\) : \[ uv=0 \Longleftrightarrow u=0\ \text{ou}\ v=0. \] Cette propriété permet de remplacer une équation factorisée par deux équations plus simples.
Méthode. Nous conservons la factorisation donnée dans l'énoncé et nous annulons successivement les deux facteurs. Chaque équation sera résolue séparément.

Un produit de deux nombres complexes est nul si et seulement si l'un de ses facteurs est nul.

Premier facteur :

\[ (2+i)z-i=0 \quad\Longleftrightarrow\quad z=\frac{i}{2+i}. \]

En utilisant le conjugué :

\[ z=\frac{i(2-i)}{5} =\frac15+\frac25i. \]

Deuxième facteur :

\[ 9z+8-4i=0 \quad\Longleftrightarrow\quad z=\frac{-8+4i}{9}. \]

Donc :

\[ z=-\frac89+\frac49i. \]
\[ \boxed{ S=\left\{ \frac15+\frac25i\ ; -\frac89+\frac49i \right\} }. \]
Interprétation. Chacune des deux solutions annule l'un des facteurs et donc le produit. La factorisation permet ici d'obtenir les solutions sans développer le produit initial.

6) Résoudre \(\displaystyle\frac{4z+1}{iz+i}=4\)

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Repère de cours. Le dénominateur d'une expression fractionnaire doit être non nul. Il faut donc toujours rechercher les valeurs interdites avant de supprimer une fraction.
Conditions et méthode. Nous factorisons le dénominateur pour identifier sa valeur interdite. Après cette étape, nous multiplions par le dénominateur et isolons \(z\).

On a :

\[ iz+i=i(z+1). \]

Comme \(i\neq0\), le dénominateur est non nul si et seulement si :

\[ z\neq-1. \]

Pour \(z\neq-1\), on écrit :

\[ 4z+1=4(iz+i)=4iz+4i. \]

On rassemble les termes contenant \(z\) :

\[ (4-4i)z=-1+4i. \]

Comme \(4-4i\neq0\), on obtient :

\[ z=\frac{-1+4i}{4-4i}. \]

En utilisant le conjugué \(4+4i\) :

\[ z= \frac{(-1+4i)(4+4i)} {(4-4i)(4+4i)}. \]

Ainsi :

\[ z=\frac{-20+12i}{32} =-\frac58+\frac38i. \]

Cette valeur n'est pas égale à \(-1\). Elle est donc admissible.

\[ \boxed{ S=\left\{ -\frac58+\frac38i \right\} }. \]
Interprétation. La vérification de la valeur interdite confirme que le résultat appartient au domaine de définition de l'équation initiale.
À retenir — Exercice 15. Lorsqu'une équation complexe contient des quotients, l'ordre des étapes est essentiel : déterminer les valeurs interdites, transformer l'équation, calculer les solutions candidates, puis vérifier leur admissibilité.

Exercice 16 — Systèmes dans \(\mathbb C^2\)

Résoudre dans \(\mathbb C^2\) les systèmes suivants :

\[ S_1: \begin{cases} 2z-z'=5\\ z-3iz'=7 \end{cases} \] \[ S_2: \begin{cases} 3z-2z'=-11\\ iz+(1+i)z'=3(4-i) \end{cases} \] \[ S_3: \begin{cases} -5iz+\dfrac32z'=\dfrac{i}{4}\\ 4z-iz'=0 \end{cases} \] \[ S_4: \begin{cases} \dfrac1z+\dfrac1{z'}=1+3i\\ \dfrac{3i}{z}-\dfrac2{z'}=-3-i \end{cases} \]

Repère de cours — Systèmes linéaires

Les méthodes de substitution et d'élimination utilisées pour les systèmes réels restent valables lorsque les inconnues et les coefficients sont complexes.

Pour appliquer la substitution, on exprime une inconnue en fonction de l'autre, puis on remplace cette expression dans la deuxième équation.

Lorsqu'un système contient des inverses comme \(1/z\), il est souvent utile de poser de nouvelles inconnues. Il faut alors vérifier que les inverses existent.

1) Résoudre le système \(S_1\)

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Méthode. La première équation permet d'exprimer directement \(z'\) en fonction de \(z\). Nous choisissons donc une substitution, afin d'obtenir une équation à une seule inconnue.

Le système est :

\[ \begin{cases} 2z-z'=5\\ z-3iz'=7. \end{cases} \]

De \(2z-z'=5\), on tire :

\[ z'=2z-5. \]

On remplace cette expression dans la deuxième équation :

\[ z-3i(2z-5)=7. \]

On développe :

\[ (1-6i)z+15i=7. \]

D'où :

\[ (1-6i)z=7-15i. \]

Comme \(1-6i\neq0\), on peut diviser par ce coefficient :

\[ z=\frac{7-15i}{1-6i}. \]

En multipliant par le conjugué :

\[ z= \frac{(7-15i)(1+6i)}{37} =\frac{97+27i}{37}. \]

Nous revenons ensuite à la première relation :

\[ z'=2z-5. \]

Donc :

\[ z'=\frac{194+54i}{37}-\frac{185}{37}. \]

Ainsi :

\[ z'=\frac9{37}+\frac{54}{37}i. \]
\[ \boxed{ \begin{cases} z=\dfrac{97}{37}+\dfrac{27}{37}i,\\[2mm] z'=\dfrac9{37}+\dfrac{54}{37}i. \end{cases} } \]
Interprétation. La substitution permet de déterminer successivement les deux inconnues. Le couple obtenu est l'unique solution du système, puisque l'équation réduite possède un coefficient non nul.

2) Résoudre le système \(S_2\)

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Méthode. La première équation exprime simplement \(z\) en fonction de \(z'\). Nous substituons cette expression dans la deuxième équation, puis calculons \(z'\).

On considère :

\[ \begin{cases} 3z-2z'=-11\\ iz+(1+i)z'=3(4-i). \end{cases} \]

De \(3z-2z'=-11\), on obtient :

\[ z=\frac{2z'-11}{3}. \]

On remplace dans \(iz+(1+i)z'=3(4-i)=12-3i\) :

\[ i\frac{2z'-11}{3} +(1+i)z'=12-3i. \]

En multipliant les deux membres par \(3\) :

\[ 2iz'-11i+3(1+i)z'=36-9i. \]

On regroupe les termes contenant \(z'\) :

\[ (3+5i)z'=36+2i. \]

Comme \(3+5i\neq0\), nous pouvons écrire :

\[ z'=\frac{36+2i}{3+5i}. \]

En utilisant le conjugué :

\[ z'=\frac{(36+2i)(3-5i)}{34}. \]

Donc :

\[ z'=\frac{118-174i}{34} =\frac{59}{17}-\frac{87}{17}i. \]

On revient à l'expression de \(z\) obtenue au départ :

\[ z=\frac{2z'-11}{3}. \]

Donc :

\[ z= \frac{ 2\left(\frac{59}{17}-\frac{87}{17}i\right)-11 }{3}. \]

Ainsi :

\[ z=-\frac{23}{17}-\frac{58}{17}i. \]
\[ \boxed{ \begin{cases} z=-\dfrac{23}{17}-\dfrac{58}{17}i,\\[2mm] z'=\dfrac{59}{17}-\dfrac{87}{17}i. \end{cases} } \]
Interprétation. Malgré les coefficients complexes, nous avons appliqué une substitution classique. La difficulté spécifique aux complexes se situe principalement dans les simplifications des quotients.

3) Résoudre le système \(S_3\)

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Méthode. La deuxième équation est homogène et relie directement \(z'\) à \(z\). Nous l'utilisons pour éliminer \(z'\) de la première équation.

On considère :

\[ \begin{cases} -5iz+\dfrac32z'=\dfrac{i}{4}\\ 4z-iz'=0. \end{cases} \]

De \(4z-iz'=0\), on obtient :

\[ 4z=iz' \quad\Longleftrightarrow\quad z'=\frac{4z}{i}=-4iz. \]

On remplace dans la première équation :

\[ -5iz+\frac32(-4iz)=\frac{i}{4}. \]

En simplifiant :

\[ -5iz-6iz=\frac{i}{4}. \]

Donc :

\[ -11iz=\frac{i}{4}. \]

Comme \(i\neq0\), nous pouvons diviser les deux membres par \(i\) :

\[ -11z=\frac14. \]

Ainsi :

\[ z=-\frac1{44}. \]

Puis :

\[ z'=-4iz=\frac{i}{11}. \]
\[ \boxed{ \begin{cases} z=-\dfrac1{44},\\[2mm] z'=\dfrac{i}{11}. \end{cases} } \]
Interprétation. Le système possède ici une solution dont la première composante est réelle et la seconde imaginaire pure. Cela ne change pas la nature des inconnues : elles appartiennent toutes les deux à \(\mathbb C\).

4) Résoudre le système \(S_4\)

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Repère de cours — Changement d'inconnues. Lorsqu'un système contient plusieurs fois les mêmes expressions, il peut être avantageux de remplacer ces expressions par de nouvelles inconnues. Le nouveau système est alors plus simple à résoudre.
Conditions et stratégie. Les fractions imposent \(z\neq0\) et \(z'\neq0\). Nous posons ensuite \(u=1/z\) et \(v=1/z'\). Le problème devient un système linéaire dans les inconnues \(u\) et \(v\). Après résolution, nous vérifierons que \(u\) et \(v\) sont non nuls pour pouvoir retrouver \(z\) et \(z'\).

Le système initial est :

\[ \begin{cases} \dfrac1z+\dfrac1{z'}=1+3i\\ \dfrac{3i}{z}-\dfrac2{z'}=-3-i. \end{cases} \]

Les fractions imposent \(z\neq0\) et \(z'\neq0\).

On pose :

\[ u=\frac1z, \qquad v=\frac1{z'}. \]

Le système devient :

\[ \begin{cases} u+v=1+3i\\ 3iu-2v=-3-i. \end{cases} \]

De \(u+v=1+3i\), on tire :

\[ v=1+3i-u. \]

Nous remplaçons cette expression dans la deuxième équation :

\[ 3iu-2(1+3i-u)=-3-i. \]

En développant :

\[ (2+3i)u-2-6i=-3-i. \]

Donc :

\[ (2+3i)u=-1+5i. \]

Comme \(2+3i\neq0\), nous obtenons :

\[ u=\frac{-1+5i}{2+3i}. \]

En utilisant le conjugué :

\[ u= \frac{(-1+5i)(2-3i)}{13} =1+i. \]

On en déduit :

\[ v=1+3i-(1+i)=2i. \]

Les deux valeurs \(u=1+i\) et \(v=2i\) sont non nulles. Nous pouvons donc revenir aux inconnues initiales.

On a :

\[ z=\frac1u=\frac1{1+i}. \]

Donc :

\[ z=\frac{1-i}{2} =\frac12-\frac12i. \]

De même :

\[ z'=\frac1v=\frac1{2i} =-\frac{i}{2}. \]
\[ \boxed{ \begin{cases} z=\dfrac12-\dfrac12i,\\[2mm] z'=-\dfrac{i}{2}. \end{cases} } \]
Interprétation. Le changement d'inconnues a transformé un système fractionnaire en système linéaire. Les valeurs finales sont non nulles, donc elles satisfont les conditions de définition du système initial.
À retenir — Exercice 16. Avant de résoudre un système complexe, il est utile d'examiner sa structure. Une substitution directe suffit souvent. Lorsque des inverses se répètent, le changement d'inconnues peut rendre le système beaucoup plus simple.

Exercice 17 — Racine et factorisation d'un polynôme complexe

On considère le polynôme :

\[ P(z)=iz^2+(3+4i)z-7i+3. \]

1) Vérifier que \(1+i\) est une racine de \(P\).

2) Factoriser \(P(z)\).

Repère de cours — Racine d'un polynôme

Un nombre complexe \(a\) est une racine d'un polynôme \(P\) si et seulement si :

\[ P(a)=0. \]

Lorsque \(a\) est une racine de \(P\), le polynôme \(P(z)\) possède le facteur \(z-a\). Dans le cas d'un polynôme de degré \(2\), le facteur complémentaire est de degré \(1\).

1) Vérifier que \(1+i\) est une racine de \(P\)

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Méthode. Pour vérifier qu'un complexe est une racine, il ne suffit pas de constater qu'il apparaît dans une expression. Nous devons remplacer \(z\) par ce complexe dans le polynôme et vérifier que la valeur obtenue est exactement nulle.

On calcule d'abord :

\[ (1+i)^2=1+2i+i^2=2i. \]

Alors :

\[ P(1+i)= i(1+i)^2+(3+4i)(1+i)-7i+3. \]

Donc :

\[ P(1+i)= i(2i)+(3+4i)(1+i)-7i+3. \]

Or :

\[ i(2i)=-2, \]

et :

\[ (3+4i)(1+i) =3+3i+4i+4i^2 =-1+7i. \]

Par conséquent :

\[ P(1+i)=-2+(-1+7i)-7i+3=0. \]
\[ \boxed{P(1+i)=0}. \]

Donc \(1+i\) est une racine du polynôme \(P\).

Interprétation. Le résultat \(P(1+i)=0\) permet d'affirmer que \(z-(1+i)\) est un facteur de \(P(z)\). Cette information constitue le point de départ de la factorisation.

2) Factoriser \(P(z)\)

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Repère de cours. Si un polynôme du second degré possède une racine \(a\), on peut l'écrire sous la forme \(P(z)=(z-a)Q(z)\), où \(Q\) est un polynôme du premier degré.
Méthode. Nous connaissons déjà une racine et donc un facteur de \(P\). Nous cherchons le second facteur en tenant compte du coefficient dominant \(i\), puis nous vérifions l'identité par développement.

Comme \(1+i\) est une racine, le polynôme \(P(z)\) admet le facteur \(z-(1+i)\), c'est-à-dire \(z-1-i\).

Comme le coefficient dominant de \(P\) est \(i\), on cherche une factorisation sous la forme :

\[ P(z)=(z-1-i)(iz+\alpha), \]

où \(\alpha\) est un nombre complexe.

Pour déterminer \(\alpha\), nous pouvons comparer les coefficients de \(z\) après développement.

\[ (z-1-i)(iz+\alpha) = iz^2+\big(\alpha-i(1+i)\big)z -(1+i)\alpha. \]

Comme le coefficient de \(z\) dans \(P\) est \(3+4i\), on obtient :

\[ \alpha-i(1+i)=3+4i. \]

Or :

\[ i(1+i)=i-1. \]

Donc :

\[ \alpha=3+4i+i-1=2+5i. \]

Nous retrouvons ainsi la factorisation recherchée :

\[ P(z)=(z-1-i)(iz+2+5i). \]

Vérifions-la par développement :

\[ (z-1-i)(iz+2+5i) =iz^2+(2+5i)z-i(1+i)z-(1+i)(2+5i). \]

Or :

\[ -i(1+i)=1-i. \]

Donc le coefficient de \(z\) est :

\[ 2+5i+1-i=3+4i. \]

De plus :

\[ -(1+i)(2+5i)=-(-3+7i)=3-7i. \]

On retrouve bien :

\[ P(z)=iz^2+(3+4i)z+3-7i. \]
\[ \boxed{ P(z)=(z-1-i)(iz+2+5i) }. \]

On peut aussi écrire le second facteur en mettant \(i\) en facteur :

\[ iz+2+5i=i(z+5-2i). \]

D'où :

\[ \boxed{ P(z)=i(z-1-i)(z+5-2i) }. \]
Interprétation. Les deux écritures sont équivalentes. La seconde met en évidence les deux facteurs du premier degré. La racine connue a ainsi permis de factoriser entièrement le polynôme du second degré.

À retenir

Dans une équation du premier degré à coefficients complexes, la résolution repose sur les règles habituelles du calcul algébrique. Une fois l'inconnue isolée, la mise sous forme algébrique se fait à l'aide du conjugué du dénominateur.

Les équations fractionnaires exigent une précaution supplémentaire : les conditions de définition doivent être établies avant toute multiplication par un dénominateur. Les solutions candidates doivent ensuite respecter ces conditions.

Pour les systèmes dans \(\mathbb C^2\), les méthodes de substitution et d'élimination restent valables. Lorsqu'un système contient des expressions fractionnaires répétées, un changement d'inconnues peut transformer le problème en système linéaire.

Enfin, pour factoriser un polynôme complexe, la recherche ou la vérification d'une racine constitue souvent la première étape. Une fois un facteur connu, on peut déterminer le facteur complémentaire par identification des coefficients, puis vérifier la factorisation par développement.

Professeur Hammou Boudraa
Parcours Maths Maroc — PMM

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