Accéder au contenu principal

Nombres complexes : représentation géométrique — Exercices 10 à 14

Nombres complexes : représentation géométrique — Exercices 10 à 14

2e Bac Sciences Mathématiques — Al Moufid

La représentation géométrique des nombres complexes permet de passer des calculs algébriques aux propriétés du plan. Dans cette série, nous utiliserons les affixes pour déterminer des vecteurs, construire des parallélogrammes, calculer des milieux et des barycentres, puis étudier l'alignement, les symétries et les ensembles de points.

La démarche consiste à reconnaître la propriété géométrique adaptée, à la traduire en relation entre affixes, puis à effectuer les calculs nécessaires. Il faut notamment distinguer l'affixe d'un point de celle d'un vecteur, vérifier les conditions d'existence d'un barycentre et tenir compte des valeurs autorisées pour les paramètres réels. Chaque résultat sera interprété géométriquement afin de mieux comprendre la méthode et de pouvoir la réutiliser dans d'autres exercices.

Rappel de cours — Affixes et géométrie du plan

Dans un repère orthonormé direct, tout point \(M(x;y)\) possède une affixe \(z_M=x+iy\). Pour deux points \(A\) et \(B\), l'affixe du vecteur \(\overrightarrow{AB}\) est :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB})=z_B-z_A. \]

Si \(I\) est le milieu de \([AB]\), alors :

\[ z_I=\frac{z_A+z_B}{2}. \]

Pour un barycentre de deux points pondérés \((A;\alpha)\) et \((B;\beta)\), on doit d'abord vérifier que \(\alpha+\beta\neq0\). Dans ce cas :

\[ z_G=\frac{\alpha z_A+\beta z_B}{\alpha+\beta}. \]

Les mêmes principes permettent de traduire les égalités vectorielles, le parallélisme et l'alignement par des relations algébriques.

Exercice 10

On considère les points \(A\), \(B\) et \(C\) d'affixes respectives :

\[ z_A=3+4i,\qquad z_B=3i,\qquad z_C=2-i. \]

1) Déterminer les affixes des vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{BC}\).

2) Déterminer l'affixe du point \(D\) tel que \(ABCD\) soit un parallélogramme.

3) Soit \(E\) le point tel que :

\[ \overrightarrow{AE} = \overrightarrow{AB}+\overrightarrow{AC}. \]

a) Déterminer l'affixe de \(E\).

b) Montrer que \(ABEC\) est un parallélogramme et déterminer son centre.

c) Déterminer l'affixe du vecteur \(\overrightarrow{DE}\).

Stratégie générale. Nous allons traduire les relations géométriques en égalités entre nombres complexes. Les affixes des vecteurs serviront d'abord à effectuer les calculs. Ensuite, les propriétés des diagonales d'un parallélogramme permettront de déterminer les points inconnus et le centre.

1) Affixes des vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{BC}\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. L'affixe d'un vecteur se calcule en soustrayant l'affixe de son origine de celle de son extrémité.
Méthode. Il faut respecter l'ordre des points. Pour \(\overrightarrow{AB}\), on calcule \(z_B-z_A\) ; pour \(\overrightarrow{BC}\), on calcule \(z_C-z_B\).

On applique la formule :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB})=z_B-z_A. \]

Donc :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB}) =3i-(3+4i)=-3-i. \]

De même :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{BC})=z_C-z_B. \]

Donc :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{BC}) =(2-i)-3i=2-4i. \]
\[ \boxed{\operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB})=-3-i} \qquad\text{et}\qquad \boxed{\operatorname{Aff}(\overrightarrow{BC})=2-4i}. \]
Interprétation. La partie réelle de chaque affixe représente le déplacement horizontal, tandis que sa partie imaginaire représente le déplacement vertical.

2) Déterminer l'affixe du point \(D\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Un quadrilatère est un parallélogramme si et seulement si ses diagonales ont le même milieu.
Méthode. Dans le parallélogramme \(ABCD\), les diagonales sont \([AC]\) et \([BD]\). Nous égalons leurs affixes de milieu, puis isolons \(z_D\).

Pour que \(ABCD\) soit un parallélogramme, on utilise :

\[ z_A+z_C=z_B+z_D. \]

Donc :

\[ z_D=z_A+z_C-z_B. \]

En remplaçant les affixes connues :

\[ z_D=(3+4i)+(2-i)-3i=5. \]
\[ \boxed{z_D=5}. \]
Interprétation. L'affixe de \(D\) est réelle. Le point \(D\) appartient donc à l'axe des abscisses, et ses coordonnées sont \(D(5;0)\).

3.a) Déterminer l'affixe du point \(E\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. L'addition de vecteurs se traduit par l'addition de leurs affixes. Une égalité vectorielle permet donc de déterminer l'affixe d'un point inconnu.
Méthode. On remplace chaque vecteur par la différence des affixes de son extrémité et de son origine, puis on regroupe les termes contenant \(z_E\).

On donne :

\[ \overrightarrow{AE} = \overrightarrow{AB}+\overrightarrow{AC}. \]

En passant aux affixes :

\[ z_E-z_A=(z_B-z_A)+(z_C-z_A). \]

Donc :

\[ z_E=z_B+z_C-z_A. \]

Ainsi :

\[ z_E=3i+(2-i)-(3+4i)=-1-2i. \]
\[ \boxed{z_E=-1-2i}. \]
Interprétation. L'égalité vectorielle imposée détermine entièrement le point \(E\), dont les coordonnées sont \((-1;-2)\).

3.b) Montrer que \(ABEC\) est un parallélogramme et déterminer son centre

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Pour le quadrilatère \(ABEC\), les diagonales sont \([AE]\) et \([BC]\). Si elles ont le même milieu, le quadrilatère est un parallélogramme.
Méthode. Nous comparons \(z_A+z_E\) et \(z_B+z_C\). Après avoir prouvé leur égalité, nous calculons l'affixe du milieu commun des diagonales.

On vérifie :

\[ z_A+z_E=(3+4i)+(-1-2i)=2+2i, \]

et :

\[ z_B+z_C=3i+(2-i)=2+2i. \]

Donc :

\[ z_A+z_E=z_B+z_C. \]

Les diagonales \([AE]\) et \([BC]\) ont donc le même milieu.

Le quadrilatère \(ABEC\) est un parallélogramme.

Son centre est le milieu des diagonales \([AE]\) et \([BC]\). On peut donc écrire :

\[ z_\Omega=\frac{z_A+z_E}{2}. \]

Ainsi :

\[ z_\Omega=\frac{3+4i-1-2i}{2} =\frac{2+2i}{2}=1+i. \]
\[ \boxed{z_\Omega=1+i}. \]
Interprétation. Le point \(\Omega(1;1)\) est à la fois le milieu de \([AE]\) et celui de \([BC]\). C'est pourquoi il est le centre du parallélogramme \(ABEC\).

3.c) Affixe du vecteur \(\overrightarrow{DE}\)

Afficher la correction Masquer la correction
Méthode. Les affixes de \(D\) et de \(E\) sont maintenant connues. Nous réutilisons la formule générale de l'affixe d'un vecteur.

On calcule :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{DE})=z_E-z_D. \]

Donc :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{DE}) =(-1-2i)-5=-6-2i. \]
\[ \boxed{\operatorname{Aff}(\overrightarrow{DE})=-6-2i}. \]
Interprétation. Pour passer de \(D\) à \(E\), on se déplace de six unités vers la gauche et de deux unités vers le bas.
À retenir — Exercice 10. Une relation entre affixes peut traduire une égalité vectorielle ou une propriété de milieu. Il faut toujours identifier correctement les diagonales du quadrilatère considéré avant d'utiliser la relation caractéristique du parallélogramme.

Exercice 11

On considère les points \(A\) et \(B\) d'affixes respectives :

\[ z_A=4+i,\qquad z_B=6+3i. \]

1) Déterminer l'affixe du milieu du segment \([AB]\).

2) Déterminer l'affixe du barycentre \(G\) du système pondéré :

\[ \{(O;2),(A;1),(B;-1)\}. \]
Stratégie générale. Les deux questions utilisent des sommes pondérées d'affixes. Pour le milieu, les coefficients sont égaux. Pour le barycentre, ils sont différents : il faudra vérifier que leur somme est non nulle.

1) Affixe du milieu de \([AB]\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. L'affixe du milieu de deux points est la moyenne de leurs affixes.
Méthode. On additionne séparément les parties réelles et imaginaires, puis on divise le résultat par \(2\).

Si \(I\) est le milieu de \([AB]\), alors :

\[ z_I=\frac{z_A+z_B}{2}. \]

Donc :

\[ z_I=\frac{4+i+6+3i}{2} =\frac{10+4i}{2}=5+2i. \]
\[ \boxed{z_I=5+2i}. \]
Interprétation. Le milieu du segment \([AB]\) est le point \(I(5;2)\).

2) Affixe du barycentre \(G\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Un système de points pondérés possède un barycentre lorsque la somme des coefficients est non nulle. L'affixe du barycentre est alors le quotient de la somme pondérée des affixes par cette somme.
Méthode. Avant toute substitution numérique, nous vérifions l'existence du barycentre. Nous utilisons ensuite le fait que l'affixe de l'origine \(O\) est nulle.

On vérifie d'abord la condition d'existence du barycentre :

\[ 2+1-1=2\neq0. \]

Donc le barycentre existe.

Comme \(z_O=0\), on a :

\[ z_G=\frac{2z_O+z_A-z_B}{2}. \]

Donc :

\[ z_G=\frac{0+(4+i)-(6+3i)}{2} =\frac{-2-2i}{2}=-1-i. \]
\[ \boxed{z_G=-1-i}. \]
Interprétation. Le barycentre est le point \(G(-1;-1)\). Le coefficient négatif associé à \(B\) est autorisé : les coefficients d'un barycentre ne sont pas nécessairement tous positifs.
Piège à éviter. Dans une question sur le barycentre, on ne doit jamais commencer par la formule sans vérifier que la somme des coefficients est différente de zéro.

Exercice 12

On considère dans le plan complexe les points :

\[ A(-2+i),\qquad B(3+3i),\qquad C\left(1+\frac{11}{5}i\right). \]

1) Déterminer les affixes des vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\).

2) Montrer que les points \(A\), \(B\) et \(C\) sont alignés.

3) Construire le point \(C\).

4) Déterminer les réels \(a\) et \(b\) tels que \(C\) soit le barycentre de \((A;a)\) et \((B;b)\), avec \(a+b=1\).

5) Déterminer l'affixe du centre de gravité du triangle \(OAB\).

Stratégie générale. Nous calculons d'abord les affixes de deux vecteurs de même origine. Leur comparaison permettra d'établir l'alignement et de situer précisément \(C\) sur le segment \([AB]\). Cette position fournira ensuite les coefficients du barycentre.

1) Affixes de \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Pour comparer géométriquement deux vecteurs, nous pouvons commencer par calculer leurs affixes.
Méthode. Les deux vecteurs ont pour origine \(A\). Nous soustrayons donc \(z_A\) de chacune des affixes de leurs extrémités.

On a :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB})=z_B-z_A. \]

Donc :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB}) =(3+3i)-(-2+i)=5+2i. \]

De même :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AC})=z_C-z_A. \]

Donc :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AC}) =\left(1+\frac{11}{5}i\right)-(-2+i) =3+\frac65 i. \]
\[ \boxed{\operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB})=5+2i} \qquad\text{et}\qquad \boxed{\operatorname{Aff}(\overrightarrow{AC})=3+\frac65 i}. \]
Interprétation. Ces affixes donnent les composantes des vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\). Nous pouvons maintenant chercher une relation de proportionnalité.

2) Montrer que \(A\), \(B\) et \(C\) sont alignés

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Trois points \(A\), \(B\) et \(C\) sont alignés si les vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) sont colinéaires.
Méthode. On cherche un réel \(\lambda\) tel que \(\operatorname{Aff}(\overrightarrow{AC}) =\lambda\operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB})\). Une proportionnalité par un réel suffit pour conclure.

On remarque que :

\[ 3+\frac65 i=\frac35(5+2i). \]

Donc :

\[ \operatorname{Aff}(\overrightarrow{AC}) =\frac35\,\operatorname{Aff}(\overrightarrow{AB}). \]

Ainsi :

\[ \overrightarrow{AC}=\frac35\overrightarrow{AB}. \]

Comme \(\frac35\in\mathbb R\), les vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) sont colinéaires.

\[ \boxed{A,\ B\ \text{et}\ C\ \text{sont alignés}.} \]
Interprétation. Le coefficient \(\frac35\) est positif : les deux vecteurs ont le même sens. Comme il est inférieur à \(1\), le point \(C\) se situe entre \(A\) et \(B\).

3) Construire le point \(C\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Si \(\overrightarrow{AC}=\lambda\overrightarrow{AB}\) avec \(\lambda\in]0;1[\), alors \(C\) appartient au segment \([AB]\).
Méthode. Nous utilisons le résultat précédent pour déterminer la position relative de \(C\), puis le rapport dans lequel il partage le segment \([AB]\).

D'après la question précédente :

\[ \overrightarrow{AC}=\frac35\overrightarrow{AB}. \]

Comme \(\frac35\in]0;1[\), le point \(C\) appartient au segment \([AB]\).

On a :

\[ AC=\frac35 AB. \]

Donc :

\[ CB=AB-AC=\frac25 AB. \]

Ainsi :

\[ AC:CB=3:2. \]
Le point \(C\) se construit sur le segment \([AB]\), tel que : \[ \boxed{AC:CB=3:2}. \]
Interprétation. Pour construire \(C\), il suffit de partager \([AB]\) en cinq parts égales et de prendre le point situé à trois parts de \(A\), dans la direction de \(B\).

4) Déterminer les coefficients \(a\) et \(b\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Lorsque \(a+b=1\), l'affixe du barycentre de \((A;a)\) et \((B;b)\) est simplement \(az_A+bz_B\).
Méthode. Nous utilisons l'expression déjà obtenue de \(z_C\) comme combinaison de \(z_A\) et \(z_B\). Cette stratégie évite de résoudre un système de deux équations.

On veut que \(C\) soit le barycentre de \((A;a)\) et \((B;b)\), avec :

\[ a+b=1. \]

Comme \(a+b=1\), on aura :

\[ z_C=az_A+bz_B. \]

Or, d'après :

\[ \overrightarrow{AC}=\frac35\overrightarrow{AB}, \]

on obtient :

\[ z_C-z_A=\frac35(z_B-z_A). \]

Donc :

\[ z_C=z_A+\frac35z_B-\frac35z_A =\frac25z_A+\frac35z_B. \]

Par identification :

\[ a=\frac25,\qquad b=\frac35. \]

On vérifie la condition du barycentre :

\[ a+b=\frac25+\frac35=1\neq0. \]
\[ \boxed{a=\frac25} \qquad\text{et}\qquad \boxed{b=\frac35}. \]
Interprétation. Les coefficients sont positifs et leur somme vaut \(1\). Le barycentre est donc situé sur le segment \([AB]\), conformément à la construction obtenue précédemment.

5) Affixe du centre de gravité du triangle \(OAB\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. Le centre de gravité d'un triangle est le barycentre de ses trois sommets affectés du même coefficient \(1\).
Méthode. Nous appliquons la moyenne des trois affixes. Comme l'un des sommets est l'origine \(O\), sa contribution à la somme est nulle.

Soit \(H\) le centre de gravité du triangle \(OAB\). Alors :

\[ z_H=\frac{z_O+z_A+z_B}{3}. \]

Comme \(z_O=0\), on obtient :

\[ z_H=\frac{0+(-2+i)+(3+3i)}{3} =\frac{1+4i}{3}. \]
\[ \boxed{z_H=\frac13+\frac43 i}. \]
Interprétation. Le centre de gravité possède donc les coordonnées \(\left(\frac13;\frac43\right)\). Il correspond au point de concours des médianes du triangle \(OAB\).
À retenir — Exercice 12. Une même relation de proportionnalité entre deux vecteurs permet successivement de démontrer un alignement, de réaliser une construction et de déterminer des coefficients barycentriques.

Exercice 13

Soit \(b\in\mathbb R\).

Soit \(M\) le point du plan d'affixe :

\[ z=3+ib. \]

On désigne par \(M'\) le symétrique de \(M\) par rapport à la droite d'équation :

\[ y=1. \]

Déterminer l'affixe \(z'\) du point \(M'\).

Déterminer l'affixe du symétrique \(M'\)

Afficher la correction Masquer la correction
Repère de cours. La symétrie par rapport à une droite horizontale conserve l'abscisse. Les ordonnées des deux points symétriques ont pour moyenne l'ordonnée de l'axe de symétrie.
Méthode. Nous traduisons d'abord l'affixe de \(M\) en coordonnées. Puis nous utilisons la droite \(y=1\) pour déterminer la nouvelle ordonnée avant de revenir à l'écriture complexe.

Comme :

\[ z=3+ib, \]

le point \(M\) a pour coordonnées :

\[ M(3;b). \]

La droite \(y=1\) est horizontale. La symétrie par rapport à cette droite conserve l'abscisse et transforme l'ordonnée \(b\) en \(2-b\).

Donc :

\[ M'(3;2-b). \]

L'affixe du point \(M'\) est alors :

\[ z'=3+(2-b)i. \]
\[ \boxed{z'=3+(2-b)i}. \]
Vérification. Le milieu de \([MM']\) a pour ordonnée : \[ \frac{b+(2-b)}{2}=1. \] Il appartient donc à l'axe de symétrie.
Interprétation. La symétrie modifie uniquement la partie imaginaire de l'affixe, puisque l'axe de symétrie est horizontal.

Exercice 14

Dessiner dans le plan complexe les ensembles suivants :

\[ E=\{M(\lambda i)\ /\ \lambda\in\mathbb R^*\}, \] \[ F=\{M((1-i)\lambda)\ /\ \lambda\in\mathbb R^*\}, \] \[ G=\{M((\sqrt3+i)k)\ /\ k\in\mathbb R\}. \]

Repère de cours — Ensembles de points

Lorsqu'une affixe dépend d'un paramètre réel, la méthode consiste à écrire \(z=x+iy\), puis à identifier la partie réelle et la partie imaginaire.

Il faut également examiner l'ensemble des valeurs autorisées pour le paramètre. En particulier, \(\mathbb R^*\) exclut la valeur zéro, contrairement à \(\mathbb R\).

1) Représenter l'ensemble \(E\)

Afficher la correction Masquer la correction
Méthode. Nous identifions les coordonnées du point \(M\) puis vérifions si l'origine est autorisée.

On pose :

\[ z=\lambda i. \]

Donc :

\[ z=0+\lambda i. \]

Ainsi :

\[ x=0,\qquad y=\lambda. \]

Comme \(\lambda\in\mathbb R^*\), on a \(\lambda\neq0\).

Donc l'origine \(O\) est exclue de l'ensemble \(E\).

L'ensemble \(E\) est l'axe des ordonnées privé de l'origine :

\[ \boxed{E=\{M(x;y)\ /\ x=0,\ y\neq0\}}. \]
Interprétation. On trace l'axe vertical, mais le point \(O\) ne fait pas partie de cet ensemble.

2) Représenter l'ensemble \(F\)

Afficher la correction Masquer la correction
Méthode. Nous développons l'affixe pour identifier \(x\) et \(y\). L'élimination du paramètre donnera une équation cartésienne.

On pose :

\[ z=(1-i)\lambda. \]

Donc :

\[ z=\lambda-\lambda i. \]

Ainsi :

\[ x=\lambda,\qquad y=-\lambda. \]

On en déduit :

\[ y=-x. \]

Comme \(\lambda\in\mathbb R^*\), on a \(\lambda\neq0\).

Donc l'origine \(O\) est exclue de l'ensemble \(F\).

L'ensemble \(F\) est la droite d'équation \(y=-x\), privée de l'origine :

\[ \boxed{F=\{M(x;y)\ /\ y=-x,\ M\neq O\}}. \]
Interprétation. Il s'agit de la droite passant par l'origine et de coefficient directeur \(-1\), dont on retire le point \(O\).

3) Représenter l'ensemble \(G\)

Afficher la correction Masquer la correction
Méthode. Comme dans la question précédente, nous identifions les coordonnées et éliminons le paramètre. Cette fois, il faudra remarquer que \(k=0\) est autorisé.

On pose :

\[ z=(\sqrt3+i)k. \]

Donc :

\[ z=\sqrt3 k+ki. \]

Ainsi :

\[ x=\sqrt3 k,\qquad y=k. \]

Comme \(k=y\), on obtient :

\[ x=\sqrt3 y. \]

Donc :

\[ y=\frac{x}{\sqrt3}. \]

Ici \(k\in\mathbb R\), donc \(k=0\) est autorisé.

Par conséquent, l'origine \(O\) appartient à l'ensemble \(G\).

L'ensemble \(G\) est la droite d'équation :

\[ \boxed{y=\frac{x}{\sqrt3}}. \]
Interprétation. Contrairement aux ensembles \(E\) et \(F\), la droite \(G\) est représentée entièrement, avec l'origine.
Construction des trois ensembles. Le schéma ci-dessous réunit les trois résultats. Les couleurs permettent de distinguer les droites, et les marques à l'origine rappellent son appartenance à chaque ensemble.
Ensembles E, F et G dans le plan complexe x y O E : x = 0, O exclu F : y = -x, O exclu G : y = x/√3

Lecture du schéma. L'origine est exclue des ensembles \(E\) et \(F\), mais elle appartient à \(G\).

À retenir

Les exercices de représentation géométrique montrent que les nombres complexes offrent une traduction algébrique directe des relations du plan.

Pour calculer l'affixe d'un vecteur, on soustrait l'affixe de l'origine de celle de l'extrémité. Pour un parallélogramme, on peut utiliser les égalités vectorielles ou le fait que les diagonales ont le même milieu.

Le milieu correspond à une moyenne de deux affixes, tandis que le barycentre correspond à une moyenne pondérée, à condition que la somme des coefficients soit non nulle.

Pour prouver un alignement, on peut établir une proportionnalité réelle entre les affixes de deux vecteurs. Cette proportionnalité permet également de construire des points et de retrouver des coefficients barycentriques.

Enfin, pour déterminer un ensemble de points, on identifie les parties réelle et imaginaire d'une affixe paramétrée. Les restrictions sur le paramètre sont essentielles : elles déterminent notamment si l'origine appartient ou non à l'ensemble recherché.

Professeur Hammou Boudraa
Parcours Maths Maroc — PMM

Commentaires