Examen national 2023 — Session de rattrapage
Sciences Mathématiques A et B — Option française
Exercice 1 — Analyse10 points
Partie I
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Pour comprendre l’identité demandée, on transforme séparément les deux facteurs \(\sqrt{x}\) et \((\ln x)^n\).
1) Transformation de \(\sqrt{x}\)
2) Transformation de \(\ln x\)
La propriété \(\ln(x^a)=a\ln x\) donne
En élevant cette dernière égalité à la puissance \(n\), puis en multipliant par l’expression de \(\sqrt{x}\), on obtient
3) Continuité à droite en \(0\)
Posons \(t=x^{1/(2n)}\). Lorsque \(x\to0^+\), on a \(t\to0^+\). Il faut donc utiliser la limite \(t\ln t\to0\).
Ainsi,
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À partir de \(x>e\), on a \(\ln x>1\), donc \((\ln x)^n\geq1\). Par conséquent,
Or \(\sqrt{x}\to+\infty\) lorsque \(x\to+\infty\). La fonction \(f_n\), qui est alors minorée par une quantité tendant vers \(+\infty\), tend elle aussi vers \(+\infty\).
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D’après l’identité obtenue en 1.a),
Comme \(x=\left(x^{1/(2n)}\right)^{2n}\), on a
Posons \(t=x^{1/(2n)}\). Lorsque \(x\to+\infty\), on a \(t\to+\infty\). La croissance comparée du logarithme et de la fonction affine donne
Le nombre \(n\) est fixé. Par conséquent, la puissance \(\left(\frac{\ln t}{t}\right)^n\) tend aussi vers \(0\), puis la multiplication par la constante \((2n)^n\) ne change pas la limite.
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On utilise l’expression de la question précédente et on pose encore \(t=x^{1/(2n)}\) :
Lorsque \(x\to0^+\), on a \(t\to0^+\). Posons \(u=1/t\). Alors \(u\to+\infty\) et
Le signe de la puissance dépend maintenant de la parité de \(n\) :
- si \(n\) est pair, la puissance d’un nombre négatif est positive, donc elle tend vers \(+\infty\) ;
- si \(n\) est impair, elle reste négative, donc elle tend vers \(-\infty\).
Or
Il s’agit donc du taux d’accroissement de \(f_n\) à droite en \(0\). Une limite infinie de ce taux signifie que la courbe possède en \(O(0,0)\) une demi-tangente verticale d’équation \(x=0\).
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Sur \(]0,+\infty[\), les fonctions \(x\mapsto\sqrt{x}\) et \(x\mapsto(\ln x)^n\) sont dérivables. On applique la formule de dérivation d’un produit :
Ici,
Donc
Comme \(\sqrt{x}/x=1/\sqrt{x}\),
On factorise par \(\dfrac{(\ln x)^{n-1}}{2\sqrt{x}}\) :
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Pour \(x>0\), le dénominateur \(2\sqrt{x}\) est strictement positif. Il ne peut donc jamais annuler la dérivée.
Comme \(n\geq2\), l’exposant \(n-1\) est un entier naturel non nul. Ainsi,
Un produit est nul si et seulement si l’un de ses facteurs est nul :
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Cas où \(n=1\)
On a
Le signe de \(f_1'(x)\) est donc celui de \(\ln x+2\), d’où
| \(x\) | \(0\) | \(e^{-2}\) | \(+\infty\) |
|---|---|---|---|
| \(f_1'\) | \(-\) | \(0\) | \(+\) |
| \(f_1\) | \(0\) | \(-\dfrac{2}{e}\) | \(+\infty\) |
Cas où \(n\) est impair et \(n\geq3\)
Alors \(n-1\) est pair, donc \((\ln x)^{n-1}\geq0\). Le signe de \(f_n'(x)\) est celui de \(2n+\ln x\), sauf en \(x=1\) où \((\ln x)^{n-1}=0\).
Le zéro de la dérivée en \(x=1\) ne change pas son signe. De plus,
| \(x\) | \(0\) | \(e^{-2n}\) | \(1\) | \(+\infty\) |
|---|---|---|---|---|
| \(f_n'\) | \(-\) | \(0\) | \(+\;\;0\;\;+\) | |
| \(f_n\) | \(0\) | \(-\left(\frac{2n}{e}\right)^n\) | \(0\) | \(+\infty\) |
Ainsi, pour tout \(n\) impair, \(f_n\) est décroissante sur \([0,e^{-2n}]\), puis croissante sur \([e^{-2n},+\infty[\). Lorsque \(n\geq3\), on a en plus \(f_n'(1)=0\).
Cas où \(n\) est pair
Alors \(n-1\) est impair, donc \((\ln x)^{n-1}\) a le signe de \(\ln x\). Le signe de \(f_n'\) est celui du produit \(\ln x(2n+\ln x)\).
Et
| \(x\) | \(0\) | \(e^{-2n}\) | \(1\) | \(+\infty\) |
|---|---|---|---|---|
| \(f_n'\) | \(+\) | \(0\) | \(-\) | \(0\;\;+\) |
| \(f_n\) | \(0\) | \(\left(\frac{2n}{e}\right)^n\) | \(0\) | \(+\infty\) |
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Pour étudier la convexité, on calcule la dérivée seconde.
À partir de
on dérive le produit des trois facteurs. Après réduction et factorisation, on obtient
Étudions le signe de \(f_n''\) au voisinage de \(1\).
- Le dénominateur \(4x^{3/2}\) est strictement positif pour \(x>0\).
- Pour \(x=1\), le facteur \(4n(n-1)-(\ln x)^2\) vaut \(4n(n-1)>0\). Par continuité, ce facteur reste positif lorsque \(x\) est suffisamment proche de \(1\).
- Comme \(n\) est impair, \(n-2\) est impair. Ainsi, \((\ln x)^{n-2}\) a le même signe que \(\ln x\).
Or \(\ln x<0\) pour \(0<x<1\), tandis que \(\ln x>0\) pour \(x>1\). Donc, au voisinage de \(1\),
La convexité change donc en \(x=1\). Comme \(f_n(1)=0\), le point de la courbe concerné est \(A(1,0)\).
Partie II
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Comme \(1<\beta<e\) et comme les fonctions \(\ln\) et \(x\mapsto\sqrt{x}\) sont strictement croissantes sur \(]0,+\infty[\), on obtient
Puisque \(0<\ln\beta<1\), l’élévation à la puissance entière \(n\geq1\) conserve la positivité et donne
En multipliant cette inégalité par le nombre positif \(\sqrt\beta\), on obtient
Enfin, \(\sqrt\beta<\sqrt e\). Comme \(u_n=\sqrt\beta(\ln\beta)^n\),
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Pour comparer deux termes consécutifs, calculons \(u_{n+1}\) :
D’après la question précédente, \(u_n>0\), et l’on sait que \(0<\ln\beta<1\). En multipliant le nombre positif \(u_n\) par un nombre strictement compris entre \(0\) et \(1\), on obtient un nombre strictement plus petit que \(u_n\) :
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Posons \(q=\ln\beta\). Comme \(1<\beta<e\), on a \(0<q<1\).
La suite \((q^n)\) est donc une suite géométrique de raison \(q\) vérifiant \(|q|<1\). Par conséquent,
Le nombre \(\sqrt\beta\) est une constante indépendante de \(n\). Ainsi,
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Fixons un entier \(n\geq1\). Nous allons appliquer le théorème des valeurs intermédiaires sur l’intervalle \([1,e]\).
1) Continuité
La fonction \(f_n\) est continue sur \([1,e]\), car elle y est le produit des fonctions continues \(x\mapsto\sqrt{x}\) et \(x\mapsto(\ln x)^n\).
2) Valeurs aux extrémités
Le nombre \(1\) est donc strictement compris entre \(f_n(1)\) et \(f_n(e)\). Le théorème des valeurs intermédiaires assure l’existence d’au moins un réel \(x_n\in]1,e[\) tel que \(f_n(x_n)=1\).
3) Unicité
Pour \(x\in]1,e[\), on a \(\ln x>0\), \(2n+\ln x>0\) et \(2\sqrt{x}>0\). Ainsi,
La fonction \(f_n\) est donc strictement croissante sur \(]1,e[\). Une fonction strictement croissante ne peut prendre la valeur \(1\) qu’une seule fois.
Lire la correction +
Par définition de \(x_n\),
Calculons la valeur de \(f_{n+1}\) au point \(x_n\) :
Comme \(1<x_n<e\), la croissance de la fonction logarithme donne
Donc
Or \(f_{n+1}\) est strictement croissante sur \(]1,e[\). L’ordre des images est donc le même que l’ordre des antécédents :
Ainsi, la suite \((x_n)\) est strictement croissante. De plus, \(x_n<e\) pour tout \(n\), donc elle est majorée par \(e\).
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Pour tout \(n\geq1\), la construction de \(x_n\) donne
En passant à la limite dans les inégalités larges \(1\leq x_n\leq e\), on obtient
Il reste à montrer que \(\ell\neq1\). Comme la suite \((x_n)\) est croissante, on a
En passant à la limite,
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Par définition de \(x_n\),
Comme \(x_n>1\), on a \(\sqrt{x_n}>0\). On peut donc diviser les deux membres par \(\sqrt{x_n}\) :
Or \(x_n\to\ell\) et \(\ell>0\). La fonction \(x\mapsto1/\sqrt{x}\) est continue sur \(]0,+\infty[\). Ainsi,
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Supposons \(\ell<e\). Choisissons un réel \(a\) tel que
Comme \(x_n\to\ell\), il existe un rang \(N\) tel que, pour tout \(n\geq N\),
La fonction logarithme étant strictement croissante, on obtient alors
Posons \(r=\ln a\). On a \(0<r<1\), donc \(\ln r<0\). Comme la fonction logarithme est croissante,
En multipliant par \(n>0\),
Le nombre \(\ln r\) est une constante strictement négative. Ainsi, \(n\ln r\to-\infty\). Par comparaison,
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D’après la question 3.b),
Comme \(\ell>1\), le nombre \(1/\sqrt\ell\) est strictement positif. La fonction logarithme est continue sur \(]0,+\infty[\), donc
Or
La suite \(n\ln(\ln x_n)\) possède donc une limite réelle finie.
Si \(\ell<e\), la question 3.c) affirme au contraire que cette même suite tend vers \(-\infty\). Cette contradiction montre que \(\ell<e\) est impossible.
Comme on sait déjà que \(\ell\leq e\), il reste une seule possibilité :
Partie III
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La fonction \(f_1\) est continue sur \(I=[0,+\infty[\). Par conséquent, la fonction
est elle aussi continue sur \(I\).
Considérons la fonction
La continuité de \(g\) implique que \(H\) est dérivable sur \(I\), donc continue. Or
La fonction \(F\) est donc la différence d’une constante et d’une fonction continue.
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Comme \(f_1(t)=\sqrt t\ln t\), on a
Première intégration par parties
On choisit
Alors
La formule \(\int uv'=uv-\int u'v\) donne
Deuxième intégration par parties
Pour calculer \(\int t\ln t\,dt\), on prend \(u(t)=\ln t\) et \(v'(t)=t\). Ainsi,
Une primitive de \(t(\ln t)^2\) est donc
Comme \(F(x)=G(1)-G(x)\), et puisque \(\ln1=0\),
Par conséquent,
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On utilise la formule obtenue en 1.b) :
Justifions les deux limites contenant le logarithme. Posons \(u=1/x\). Lorsque \(x\to0^+\), on a \(u\to+\infty\), et
car toute puissance positive de \(u\) domine toute puissance de \(\ln u\) en \(+\infty\).
Enfin, \((1-x^2)/4\to1/4\). Ainsi,
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La question 1.a) a établi que \(F\) est continue sur \(I\), donc en particulier continue à droite en \(0\). Par définition de la continuité,
En utilisant le résultat de 2.a),
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Lorsqu’une courbe \(y=f(x)\) tourne autour de l’axe des abscisses, une section perpendiculaire à cet axe est un disque de rayon \(|f(x)|\). Son aire vaut donc \(\pi f(x)^2\).
Le volume engendré par la portion de \((C_1)\) correspondant à \([0,1]\) est alors
Or la définition de \(F\) donne
Comme l’unité graphique sur l’axe des abscisses est \(1\ \mathrm{cm}\), le volume s’exprime en \(\mathrm{cm}^3\).
Exercice 2 — Nombres complexes3,5 points
Partie I
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Puisque les expressions du système contiennent \(1/(x+y)\), toute solution vérifie \(x+y\neq0\). Ainsi, \(z=\sqrt{x}+i\sqrt{y}\neq0\).
On a
et, pour tout nombre complexe non nul, \(1/z=\overline z/|z|^2\). Donc
En additionnant \(z\) et \(1/z\), puis en regroupant la partie réelle et la partie imaginaire,
Les deux parenthèses sont exactement celles qui apparaissent dans le système \((S)\). En utilisant ses deux équations, on obtient
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On part de l’égalité précédente et on multiplie ses deux membres par \(z\neq0\) :
En ramenant tous les termes dans le premier membre,
Cette équation du second degré a pour discriminant
L’indication de l’énoncé donne
On peut donc prendre \(\delta=(8+6i)/5\) comme racine carrée de \(\Delta\). Les solutions sont
Avec le signe \(+\),
Avec le signe \(-\),
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Par définition,
Les nombres \(\sqrt{x}\) et \(\sqrt{y}\) sont tous les deux positifs ou nuls. La partie réelle et la partie imaginaire de \(z\) doivent donc être positives ou nulles.
- Pour \(z=\dfrac25-\dfrac15i\), la partie imaginaire vaut \(-1/5<0\). Cette valeur est impossible.
- Pour \(z=2+i\), on lit \(\sqrt{x}=2\) et \(\sqrt{y}=1\).
En élevant au carré,
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Les questions précédentes montrent que toute solution du système \((S)\) doit nécessairement être le couple \((4,1)\). Il reste cependant à vérifier que ce couple satisfait effectivement les deux équations.
Pour la première équation,
Pour la seconde équation,
Le couple \((4,1)\) vérifie donc bien les deux équations. Comme aucun autre couple n’est possible,
Partie II
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On utilise l’identité fondamentale
Sens direct
Supposons \(|z|=1\). Alors \(z\overline z=1\). Comme \(z\neq0\), on peut diviser par \(z\) :
Sens réciproque
Supposons maintenant \(\overline z=1/z\). En multipliant par \(z\),
donc \(|z|^2=1\). Puisque le module est toujours positif ou nul, l’unique possibilité est \(|z|=1\).
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Posons
Comme \(|a|=|b|=|c|=1\),
Le point \(P_0(p_0)\) appartient donc au cercle unité. Vérifions maintenant que \((AP_0)\parallel(BC)\).
Puisque \(B\neq C\), on a \(c-b\neq0\). Considérons
Sur le cercle unité, \(\overline a=1/a\), \(\overline b=1/b\) et \(\overline c=1/c\). Ainsi,
Un nombre complexe égal à son conjugué est réel. Donc \(R\in\mathbb R\), ce qui prouve que \((AP_0)\parallel(BC)\).
Le point \(P_0\) possède les deux propriétés qui définissent \(P\) : il appartient au cercle et la droite passant par \(A\) et \(P_0\) est parallèle à \((BC)\).
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Posons
Comme \(|q_0|=|bc/a|=1\), le point \(Q_0(q_0)\) appartient au cercle unité.
Étudions la direction de \((AQ_0)\) par rapport à celle de \((BC)\) :
En utilisant de nouveau \(\overline a=1/a\), \(\overline b=1/b\) et \(\overline c=1/c\), on obtient
Le quotient \(R\) est donc imaginaire pur. Par conséquent, \((AQ_0)\perp(BC)\). Le point \(Q_0\) est le point demandé.
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En appliquant le résultat de 2.a) à la droite passant par \(C\) et parallèle à \((AB)\), on permute les rôles de \(A\) et \(C\). On obtient
La direction de la droite \((PR)\) est donnée par \(r-p\), tandis que celle de \((OB)\) est donnée par \(b\). Considérons donc le quotient
Calculons son conjugué :
Le quotient \((r-p)/b\) est donc imaginaire pur. Cela signifie que les directions \(r-p\) et \(b\) sont perpendiculaires.
La condition \(c\neq-a\), ajoutée à \(c\neq a\), assure que \(r\neq p\) ; la droite \((PR)\) est donc bien définie.
Exercice 3 — Structures algébriques3,5 points
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L’ensemble \(E\) n’est pas vide, car la matrice nulle s’écrit
Soient \(M(a,b,c)\) et \(M(a',b',c')\) deux éléments de \(E\). Leur différence vaut
Les trois nombres \(a-a'\), \(b-b'\) et \(c-c'\) sont réels. Cette différence appartient donc encore à \(E\).
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Soient \(M=M(a,b,c)\) et \(M'=M(a',b',c')\) deux éléments de \(E\). On a
En appliquant \(\varphi\),
D’autre part,
Les deux résultats sont égaux, donc \(\varphi\) respecte les lois :
Ainsi, \(\varphi\) est un homomorphisme.
Montrons maintenant la surjectivité. Soit \((x,z)\in\mathbb R\times\mathbb C\). Écrivons \(z=u+iv\), avec \(u,v\in\mathbb R\). La matrice \(M(x,u,v)\) appartient à \(E\) et
Tout élément de \(\mathbb R\times\mathbb C\) possède donc un antécédent.
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Le groupe \((E,+)\) est commutatif, car l’addition des matrices est commutative.
La question précédente montre que \(\varphi\) est un homomorphisme et que son image est tout l’ensemble \(\mathbb R\times\mathbb C\). Ainsi, \((\mathbb R\times\mathbb C,*)\) est l’image du groupe commutatif \((E,+)\).
Concrètement, son neutre est \((0,0)\), le symétrique de \((x,z)\) est \((-x,-z)\), et l’associativité ainsi que la commutativité viennent de l’addition dans \(\mathbb R\) et dans \(\mathbb C\).
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Soient \((x,z)\) et \((x',z')\) dans \(\mathbb R\times\mathbb C\). Par définition,
En échangeant les deux couples,
L’addition des réels est commutative, donc les premières composantes sont égales. La multiplication dans \(\mathbb C\) est aussi commutative, donc \(zz'=z'z\).
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Pour tout \((x,z)\in\mathbb R\times\mathbb C\),
La loi \(T\) étant commutative, on a aussi
Le couple \((0,1)\) est donc neutre à droite et à gauche.
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Comme \(\operatorname{Re}(i)=\operatorname{Re}(-i)=0\), pour tout réel \(x\),
Pour montrer que \(T\) n’est pas associative, il suffit de trouver un contre-exemple. Posons
D’abord, la relation précédente avec \(x=0\) donne \(ATB=(0,1)\). Comme \((0,1)\) est le neutre,
Calculons maintenant l’autre parenthésage :
puis
Les résultats \((1,-i)\) et \((-1,-i)\) sont différents. Donc
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Nous utilisons le critère de sous-groupe dans le groupe commutatif \((\mathbb R\times\mathbb C,*)\).
L’ensemble \(G\) est non vide, car
Soient \((\operatorname{Im}z,z)\) et \((\operatorname{Im}w,w)\) deux éléments de \(G\). Leur différence pour la loi \(*\) est
Ce couple appartient encore à \(G\). Le critère de sous-groupe est donc vérifié.
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Soient \(z,w\in\mathbb C^*\). Par définition de \(T\),
Sa première composante est
La seconde composante est simplement \(zw\). Par conséquent,
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L’application \(\psi\) est injective : si \(\psi(z)=\psi(w)\), l’égalité des secondes composantes donne immédiatement \(z=w\).
Elle est aussi surjective de \(\mathbb C^*\) sur \(G\setminus\{(0,0)\}\) : tout élément non nul de \(G\) s’écrit \((\operatorname{Im}z,z)=\psi(z)\) avec \(z\neq0\).
La question 4.b) montre en plus que \(\psi\) respecte les lois. C’est donc un isomorphisme entre le groupe commutatif \((\mathbb C^*,\times)\) et \((G\setminus\{(0,0)\},T)\).
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Pour montrer que \((G,*,T)\) est un corps commutatif, nous vérifions les propriétés déjà établies et la distributivité.
- La question 4.a) montre que \((G,*)\) est un groupe commutatif. Son élément neutre est \((0,0)\).
- La question 4.c) montre que \((G\setminus\{(0,0)\},T)\) est un groupe commutatif. Son élément neutre est \((0,1)\).
- Les deux éléments neutres sont distincts : \((0,0)\neq(0,1)\).
Il reste à vérifier que \(T\) est distributive par rapport à \(*\). Soient
trois éléments de \(G\). On a
Grâce au résultat de 4.b), la loi \(T\) sur les éléments de \(G\) correspond à la multiplication des nombres complexes. Ainsi,
D’autre part,
Donc
Par conséquent,
La distributivité à droite découle de la commutativité de \(T\).
Exercice 4 — Arithmétique3 points
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Réduisons la somme \(S\) modulo \(p\). Tous les termes contenant un facteur \(p\) sont congrus à \(0\) modulo \(p\) :
Il reste donc seulement le premier terme :
Ainsi, \(p\) ne divise pas \(S\). Or \(q\) divise \(S\). Si l’on avait \(q=p\), alors \(p\) diviserait \(S\), ce qui est impossible. Donc \(p\neq q\).
Deux nombres premiers distincts n’ont aucun diviseur commun autre que \(1\).
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Ici, \(q\) est premier et la question 1.a) donne \(\gcd(p,q)=1\), donc \(q\nmid p\). On peut appliquer le petit théorème de Fermat avec \(a=p\).
Lire la correction +
Multiplions la somme \(S\) par \(p-1\) :
Tous les termes intermédiaires se simplifient ; il reste
Comme \(q\mid S\), on a \(S\equiv0\pmod q\), donc
En utilisant l’identité précédente,
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L’hypothèse \(\gcd(p,q-1)=1\) permet d’appliquer le théorème de Bézout. Il existe donc deux entiers relatifs \(u\) et \(v\) tels que
D’après les questions 1.b) et 1.c),
Comme \(\gcd(p,q)=1\), la classe de \(p\) modulo \(q\) possède un inverse. On peut donc utiliser des exposants entiers relatifs ; un exposant négatif désigne une puissance de cet inverse.
En élevant les deux congruences aux puissances \(v\) et \(u\), puis en les multipliant,
Mais
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De \(p\equiv1\pmod q\), on déduit, pour tout entier \(k\geq0\),
La somme \(S=1+p+p^2+\cdots+p^{p-1}\) comporte exactement \(p\) termes. Chacun de ces termes est congru à \(1\) modulo \(q\). Ainsi,
Or la question 2.a) donne \(p\equiv1\pmod q\). Donc
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Nous raisonnons par contradiction. Supposons que \(p\) et \(q-1\) soient premiers entre eux, c’est-à-dire
Alors la question 2.b) donne
Mais l’énoncé affirme que \(q\mid S\), donc nécessairement
Les congruences \(S\equiv1\pmod q\) et \(S\equiv0\pmod q\) sont incompatibles. L’hypothèse \(\gcd(p,q-1)=1\) est donc fausse :
Or \(p\) est premier. Le nombre \(\gcd(p,q-1)\) est un diviseur positif de \(p\), donc il ne peut être que \(1\) ou \(p\). Comme il n’est pas égal à \(1\), il vaut \(p\).
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