Examen national 2023 — Session ordinaire
Sciences Mathématiques A et B — Option française
Exercice 1 — Analyse7,75 points
Partie I
Lire la correction +
Nous démontrons séparément les deux inégalités.
Première inégalité
Comme \((1+t)(2+t)^2>0\), nous pouvons mettre la différence au même dénominateur sans changer son signe.
Donc
Deuxième inégalité
Donc
Les deux inégalités donnent bien l’encadrement demandé.
Lire la correction +
Soit \(x\geq0\). Nous intégrons les trois membres de l’encadrement précédent sur \([0,x]\). L’intégration conserve l’ordre.
Calculons chaque intégrale.
Lire la correction +
Pour \(x>0\), l’encadrement obtenu en 1.b donne, après division par \(x>0\),
Nous soustrayons \(1\), puis nous divisons encore par \(x>0\).
Les deux expressions extrêmes se simplifient.
Lorsque \(x\to0^+\), les deux membres extrêmes tendent vers \(-\frac12\). Le théorème des gendarmes permet alors de conclure.
Partie II
Lire la correction +
Pour tout \(x>0\),
Commençons par déterminer la limite de \(\ln(1+x)/x\).
En prenant \(t=1+x\), on écrit
Lorsque \(x\to+\infty\),
Par conséquent,
De plus, \(e^{-x}\to0\). Le produit des deux facteurs tend donc vers \(0\).
Graphiquement, la droite d’équation \(y=0\), c’est-à-dire l’axe des abscisses, est une asymptote horizontale à \((C)\) au voisinage de \(+\infty\).
Lire la correction +
D’après l’encadrement de la Partie I, pour \(x>0\),
Les deux membres extrêmes tendent vers \(1\) lorsque \(x\to0^+\). Donc
De plus, \(e^{-x}\to1\). Ainsi
Lire la correction +
Comme \(f(x)=e^{-x}g(x)\), nous écrivons
Nous ajoutons et retranchons \(g(x)\).
Donc
En divisant par \(x>0\), nous obtenons l’égalité demandée.
Lire la correction +
Nous utilisons l’égalité précédente.
Justifions d’abord la première limite. Posons \(u=-x\). Lorsque \(x\to0^+\), on a \(u\to0^-\), et
Comme \(\displaystyle\lim_{u\to0}\frac{e^u-1}{u}=1\), on obtient
D’après les questions précédentes,
Par conséquent,
La limite du taux d’accroissement à droite existe et est finie. Ainsi, \(f\) est dérivable à droite en \(0\).
Lire la correction +
Sur \(]0,+\infty[\), les fonctions \(x\mapsto\ln(1+x)\), \(x\mapsto x\) et \(x\mapsto e^{-x}\) sont dérivables. Comme \(x\neq0\), la fonction
est dérivable sur cet intervalle, puis \(f=ge^{-x}\) y est également dérivable.
1) Calcul de \(g'(x)\)
Par la formule de dérivation d’un quotient,
2) Calcul de \(f'(x)\)
Comme \((e^{-x})'=-e^{-x}\), la formule de dérivation d’un produit donne
Mettons \(g'(x)-g(x)\) au même dénominateur \(x^2(1+x)\).
Lire la correction +
Posons
Pour \(x>0\), le dénominateur \(x^2(1+x)\) est strictement positif. Le signe et les comparaisons de \(A(x)\) dépendent donc de son numérateur.
1) Montrons que \(A(x)<0\)
D’après la Partie I,
Or
Donc
Ainsi,
et par conséquent \(A(x)<0\).
2) Montrons que \(A(x)>-\frac32\)
D’après la Partie I,
En multipliant par \((1+x)^2>0\), on obtient
Donc
Comparons le membre de droite à \(-\frac32x^2(1+x)\). On a
Ainsi,
En divisant par \(x^2(1+x)>0\), on obtient
Lire la correction +
D’après la question précédente,
Or \(0<e^{-x}<1\) et \(f'(x)=A(x)e^{-x}\).
Comme \(A(x)<0\), la multiplication par un nombre compris entre \(0\) et \(1\) rapproche \(A(x)\) de \(0\). Ainsi
Comme \(A(x)>-\frac32\), nous obtenons
Lire la correction +
Pour tout \(x>0\), on a \(f'(x)<0\). La fonction \(f\) est donc strictement décroissante sur \(]0,+\infty[\).
De plus, \(f\) est continue à droite en \(0\), \(f(0)=1\), et pour tout \(x>0\), la décroissance sur \(]0,+\infty[\) donne \(f(x)<\lim_{t\to0^+}f(t)=1\). Ainsi, \(f\) est strictement décroissante sur \([0,+\infty[\).
Enfin,
| \(x\) | \(0\) | \(+\infty\) |
|---|---|---|
| \(f'(x)\) | \(-\) | |
| \(f(x)\) | \(1\) | \(0\) |
On prendra \(\lVert\vec i\rVert=2\,\mathrm{cm}\)
Lire la correction +
La courbe passe par le point
Comme \(f'_d(0)=-\frac32\), la demi-tangente à droite en \(A\) a pour équation
La fonction \(f\) est positive et strictement décroissante sur \([0,+\infty[\). Sa courbe reste donc au-dessus de l’axe des abscisses et se rapproche de cet axe lorsque \(x\to+\infty\).
Pour la construction sur papier, on prend \(\lVert\vec i\rVert=2\,\mathrm{cm}\)
Partie III
Lire la correction +
Posons
1) Existence d’une solution
La fonction \(f\) est continue sur \([0,+\infty[\). Par conséquent, \(h\) est continue sur \([0,+\infty[\), et en particulier sur \([0,\frac13]\).
On a
Comme \(f\) est strictement décroissante sur \([0,+\infty[\) et \(\frac13>0\),
Donc
Le théorème des valeurs intermédiaires assure alors l’existence d’un réel
tel que \(h(\alpha)=0\), c’est-à-dire \(f(\alpha)=3\alpha\).
2) Unicité de la solution
Pour tout \(x>0\),
Or \(f'(x)<0\), donc \(h'(x)<0\). Ainsi, \(h\) est strictement décroissante sur \(]0,+\infty[\). Elle ne peut donc s’annuler qu’une seule fois sur cet intervalle.
Lire la correction +
Pour tout \(n\in\mathbb N\), notons \(P_n\) la propriété
Initialisation
Pour \(n=0\), on a \(u_0=\beta\). Or \(\beta\in\mathbb R_+^*\), donc \(u_0=\beta>0\), et en particulier \(u_0\geq0\). Ainsi, \(P_0\) est vraie.
Hérédité
Soit \(n\in\mathbb N\) fixé. Supposons que \(P_n\) est vraie, c’est-à-dire supposons que \(u_n\geq0\).
La fonction \(f\) est positive sur \([0,+\infty[\). En effet, \(f(0)=1>0\), et pour \(x>0\), les nombres \(\ln(1+x)\), \(x\) et \(e^{-x}\) sont strictement positifs. Donc \(f(x)>0\).
Comme \(u_n\geq0\), on a \(f(u_n)\geq0\), puis
Ainsi, \(P_{n+1}\) est vraie.
Conclusion
Par le principe de récurrence, la propriété \(P_n\) est vraie pour tout \(n\in\mathbb N\).
Lire la correction +
Soit \(n\in\mathbb N\). Comme \(f(\alpha)=3\alpha\), on a
Nous distinguons deux cas.
Premier cas : \(u_n=\alpha\)
Alors
L’inégalité demandée est donc vérifiée.
Deuxième cas : \(u_n\neq\alpha\)
D’après 2.a, \(u_n\geq0\), et d’après la question 1, \(\alpha>0\). La fonction \(f\) est continue sur l’intervalle fermé ayant pour extrémités \(u_n\) et \(\alpha\), et elle est dérivable à l’intérieur de cet intervalle.
Le théorème des accroissements finis assure donc l’existence d’un réel \(c_n\), strictement compris entre \(u_n\) et \(\alpha\), tel que
Comme \(c_n>0\), la Partie II donne
Par conséquent,
Dans les deux cas, l’inégalité est vérifiée.
Lire la correction +
Pour tout \(n\in\mathbb N\), notons \(P_n\) la propriété
Initialisation
Pour \(n=0\), on a \(u_0=\beta\), donc
Ainsi, \(P_0\) est vraie.
Hérédité
Soit \(n\in\mathbb N\) fixé. Supposons que \(P_n\) est vraie, c’est-à-dire supposons que
D’après la question 2.b,
En utilisant l’hypothèse de récurrence, on obtient
Ainsi, \(P_{n+1}\) est vraie.
Conclusion
Par le principe de récurrence, la propriété \(P_n\) est vraie pour tout \(n\in\mathbb N\).
Lire la correction +
Comme \(0<\frac12<1\),
Or
Le théorème des gendarmes donne
Exercice 2 — Analyse2,25 points
Lire la correction +
Soient \(n\in\mathbb N^*\) et \(k\in\{0,1,\ldots,n-1\}\).
La fonction \(h:x\mapsto e^x\) est continue sur
et dérivable sur
Le théorème des accroissements finis assure donc l’existence d’un réel
tel que
Or \(h'(x)=e^x\) et
Le nombre \(M_kM_{k+1}\) désigne la distance du point \(M_k\) au point \(M_{k+1}\)
Lire la correction +
La distance entre deux points \((x_1,y_1)\) et \((x_2,y_2)\) est
Ainsi
En utilisant la question précédente,
Lire la correction +
On sait que
La fonction \(x\mapsto e^{2x}\) est strictement croissante. Donc
La fonction \(x\mapsto\sqrt{1+x}\) est croissante sur \([0,+\infty[\). Ainsi
Après multiplication par \(1/n>0\), puis utilisation de 1.b, nous obtenons des inégalités strictes. Elles impliquent, a fortiori, l’encadrement large demandé.
où \(M_kM_{k+1}\) désigne la distance du point \(M_k\) au point \(M_{k+1}\).
Lire la correction +
Pour chaque \(k\in\{0,1,\ldots,n-1\}\), la question 1.c donne
En additionnant ces inégalités pour \(k=0,1,\ldots,n-1\),
Dans la somme de droite, posons \(j=k+1\). Alors \(j\) varie de \(1\) à \(n\). Comme la somme centrale est \(S_n\), l’encadrement demandé est établi.
Lire la correction +
Considérons la fonction
La fonction \(\varphi\) est continue sur \([0,1]\). Par conséquent, les sommes de Riemann à gauche
et les sommes de Riemann à droite
convergent vers la même intégrale
D’après la question 2.a, pour tout \(n\in\mathbb N^*\),
Le théorème des gendarmes donne alors
Exercice 3 — Nombres complexes3,5 points
Lire la correction +
Pour \(1-i\), le module est
Comme \(1-i\) appartient au quatrième quadrant et que ses parties réelle et imaginaire ont la même valeur absolue, un argument est \(-\frac\pi4\). Donc
Pour \(1+\sqrt3i\), le module est
Ce nombre appartient au premier quadrant et
On peut donc prendre \(\theta=\frac\pi3\).
Lire la correction +
En utilisant les formes exponentielles précédentes,
Après division par \(2\sqrt2\),
Lire la correction +
Développons le produit.
Le nombre réel \(2\sqrt2\) est strictement positif. La division par \(2\sqrt2\) ne change donc pas l’argument.
D’après 1.b, un argument de ce nombre est \(\frac\pi{12}\). Sa partie réelle est strictement positive, donc non nulle. Le quotient de la partie imaginaire par la partie réelle donne alors
En multipliant le numérateur et le dénominateur par \(\sqrt3-1\),
Lire la correction +
Le nombre \(u=1+(2-\sqrt3)i\) appartient au premier quadrant. D’après 1.c,
Un argument de \(u\) est donc \(\frac\pi{12}\).
Calculons son module.
Or
Comme \(\sqrt6-\sqrt2>0\),
Lire la correction +
Pour tout \(n\in\mathbb N\), notons \(P_n\) la propriété
Initialisation
Pour \(n=0\), on a \(x_0=1\) et \(y_0=0\). Donc
Ainsi, \(P_0\) est vraie.
Hérédité
Soit \(n\in\mathbb N\) fixé. Supposons que \(P_n\) est vraie, c’est-à-dire supposons que
D’après les relations de récurrence,
En utilisant l’hypothèse de récurrence, on obtient
Ainsi, \(P_{n+1}\) est vraie.
Conclusion
Par le principe de récurrence, la propriété \(P_n\) est vraie pour tout \(n\in\mathbb N\).
Lire la correction +
Nous avons
Calculons \(\cos(\pi/12)\). Comme \(\pi/12=\pi/4-\pi/6\),
En rationalisant le dénominateur,
Donc
En élevant à la puissance \(n\) et en utilisant la formule de Moivre,
Or \(x_n+iy_n=u^n\). L’égalité de deux nombres complexes entraîne l’égalité de leurs parties réelles et de leurs parties imaginaires.
Lire la correction +
L’affixe de \(A_0\) est \(u^0=1\), qui est non nulle. Le critère d’alignement dans le plan complexe donne
D’après la question 2.b,
Le facteur \(1/(\cos(\pi/12))^n\) est réel et strictement positif. Ainsi, \(u^n\) est réel si et seulement si
Il existe donc un entier \(k\) tel que
Comme \(n\in\mathbb N\), on obtient \(k\in\mathbb N\) et \(n=12k\).
Lire la correction +
Les affixes des vecteurs \(\overrightarrow{A_nO}\) et \(\overrightarrow{A_nA_{n+1}}\) sont respectivement
Le nombre \(u\) est non nul, donc \(u^n\neq0\). De plus, \(u-1=(2-\sqrt3)i\neq0\). Les deux vecteurs sont donc non nuls.
Le quotient de leurs affixes vaut
Ce quotient est un nombre imaginaire pur non nul. Par le critère rappelé,
Exercice 4 — Arithmétique3 points
Lire la correction +
Le nombre \(p\) est premier impair, donc \(p\neq2\). Ainsi \(p\) ne divise pas \(2\), ce qui donne
Le petit théorème de Fermat permet alors d’écrire
Lire la correction +
Posons
D’après 1.a,
Donc \(p\) divise \(A^2-1\). Or
Ainsi,
Comme \(p\) est premier, le lemme d’Euclide donne
Lire la correction +
Supposons que \(p\) divise \(x\). Alors
et donc
Mais \(x\) est une solution de \((E)\), donc \(x^2\equiv2\pmod p\). Nous obtiendrions alors \(2\equiv0\pmod p\), c’est-à-dire \(p\mid2\), ce qui est impossible puisque \(p\) est impair.
Ainsi \(p\nmid x\). Comme \(p\) est premier,
On pourra utiliser le petit théorème de Fermat
Lire la correction +
D’après 2.a, \(p\) et \(x\) sont premiers entre eux. Le petit théorème de Fermat donne
Comme \(x^2\equiv2\pmod p\), nous élevons les deux membres à la puissance \((p-1)/2\).
Le membre de gauche est \(x^{p-1}\), donc
Lire la correction +
On utilise l’identité rappelée dans l’énoncé.
Le membre de droite est divisible par \(p\). Donc
Comme \(1\leq k\leq p-1\) et \(p\) est premier, \(p\) ne divise pas \(k\), donc \(\gcd(k,p)=1\).
Le théorème de Gauss permet alors de conclure.
Le symbole \(i\) désigne le nombre complexe vérifiant \(i^2=-1\)
Lire la correction +
Le nombre complexe \(1+i\) a pour module \(\sqrt2\) et pour argument \(\frac\pi4\). Ainsi
La formule de Moivre donne
Comme \((\sqrt2)^p=2^{p/2}\), nous obtenons l’égalité demandée.
On pourra utiliser la question 3
Lire la correction +
D’après la formule admise, la partie réelle de \((1+i)^p\) est
D’après 4.a, cette même partie réelle est
Nous avons donc
Le membre de droite est un entier. Par conséquent,
Le terme correspondant à \(k=0\) vaut \(1\). Pour \(k\geq1\), on a \(1\leq2k\leq p-1\), donc la question 3 montre que \(p\) divise \(\binom p{2k}\). Ainsi, modulo \(p\), tous ces termes sont nuls.
Lire la correction +
Supposons
Il existe alors un entier naturel \(m\) tel que \(p=8m+5\). Donc
Par conséquent,
D’après 4.b,
Donc
Si l’équation \((E)\) possédait une solution, la question 2.b donnerait simultanément
Nous aurions alors \(1\equiv-1\pmod p\), donc \(p\mid2\), ce qui est impossible pour un nombre premier impair.
Exercice 5 — Structures algébriques3,5 points
On rappelle aussi que \((M_2(\mathbb R),+,\cdot)\) est un espace vectoriel réel.
On considère l’ensemble
Partie I
Lire la correction +
L’ensemble \(E\) n’est pas vide, car
Soient \(M(x,y)\) et \(M(x',y')\) deux éléments de \(E\). Alors
Comme \((x-x',y-y')\in\mathbb R^2\), cette différence appartient à \(E\).
Le critère de sous-groupe est donc vérifié.
Lire la correction +
Nous savons déjà que \(E\) est non vide.
Soient \(M(x,y),M(x',y')\in E\) et \(\lambda,\mu\in\mathbb R\). On a
Le couple \((\lambda x+\mu x',\lambda y+\mu y')\) appartient à \(\mathbb R^2\). La combinaison linéaire appartient donc à \(E\).
Lire la correction +
Effectuons le produit matriciel.
Le produit vaut
Posons
La matrice obtenue est
Lire la correction +
La question 3.a montre que \(E\) est stable pour la multiplication.
L’associativité de la multiplication et les lois de distributivité sont héritées de l’anneau \(M_2(\mathbb R)\).
La formule
est symétrique en \((x,y)\) et \((x',y')\). Donc
La multiplication est commutative dans \(E\).
Enfin,
L’unité de \(M_2(\mathbb R)\) appartient à \(E\).
Lire la correction +
Appliquons la formule de 3.a avec
La première coordonnée du produit est
La deuxième coordonnée est
Donc
Lire la correction +
Les matrices \(M(\sqrt3,1)\) et \(M(-\sqrt3,1)\) sont non nulles. En effet, leur coefficient situé sur la première ligne et la deuxième colonne vaut \(1\), tandis que ce coefficient vaut \(0\) dans la matrice nulle \(O\).
D’après la question 4.a,
L’anneau \(E\) possède donc deux diviseurs de zéro non nuls.
Partie II
Lire la correction +
Si \(x=0\) et \(y=0\), alors \(x+y\sqrt3=0\).
Réciproquement, supposons
Si \(y\neq0\), alors
Le membre de droite est rationnel, ce qui contredit l’irrationalité de \(\sqrt3\). Donc \(y=0\), puis l’égalité donne \(x=0\).
Lire la correction +
Nous vérifions le critère de sous-groupe multiplicatif.
1) L’ensemble n’est pas vide
On a
2) Stabilité par multiplication
Soient
deux éléments de \(F\setminus\{0\}\). Alors
Les deux coefficients \(xx'+3yy'\) et \(xy'+x'y\) sont rationnels. De plus, \(a\neq0\) et \(b\neq0\), donc \(ab\neq0\) dans \(\mathbb R\). Ainsi, \(ab\in F\setminus\{0\}\).
3) Stabilité par passage à l’inverse
Soit \(a=x+y\sqrt3\in F\setminus\{0\}\). On a
Montrons que \(x^2-3y^2\neq0\). Supposons, au contraire, que \(x^2-3y^2=0\).
Si \(y=0\), alors \(x=0\), donc \(a=0\), ce qui est impossible. Si \(y\neq0\), alors
Donc \(x/y=\sqrt3\) ou \(x/y=-\sqrt3\), ce qui contredit l’irrationalité de \(\sqrt3\), puisque \(x/y\in\mathbb Q\).
Ainsi, \(x^2-3y^2\neq0\), et
Les deux coefficients sont rationnels. Donc \(a^{-1}\in F\setminus\{0\}\).
Lire la correction +
Si \(x+y\sqrt3\in F\setminus\{0\}\), alors la question 1 donne \((x,y)\neq(0,0)\). Donc
Réciproquement, si \(M(x,y)\in G\setminus\{O\}\), alors \((x,y)\in\mathbb Q^2\setminus\{(0,0)\}\). La question 1 donne \(x+y\sqrt3\neq0\), et
Lire la correction +
La question 1 montre que l’écriture d’un élément de \(F\) sous la forme \(x+y\sqrt3\), avec \((x,y)\in\mathbb Q^2\), est unique. L’application \(\varphi\) est donc bien définie.
Soient
deux éléments de \(F\setminus\{0\}\). D’après la question 2, leur produit appartient encore à \(F\setminus\{0\}\), et
Par définition de \(\varphi\),
D’après la formule démontrée dans la Partie I,
Donc
Ainsi, \(\varphi\) est un homomorphisme de \((F\setminus\{0\},\times)\) vers \((E,\times)\).
Lire la correction +
Nous avons déjà établi que \((F\setminus\{0\},\times)\) est un groupe commutatif.
1) L’application \(\varphi\) est bijective de \(F\setminus\{0\}\) sur \(G\setminus\{O\}\)
D’après 3.a, \(\varphi(F\setminus\{0\})=G\setminus\{O\}\). L’application \(\varphi\) est donc surjective sur \(G\setminus\{O\}\).
Montrons son injectivité. Supposons
Alors \(M(x,y)=M(x',y')\). L’égalité des coefficients situés sur la première ligne et la deuxième colonne donne \(y=y'\). L’égalité des coefficients situés sur la première ligne et la première colonne donne ensuite \(x+y=x'+y'\), donc \(x=x'\). Ainsi,
L’application \(\varphi\) est injective, donc bijective.
2) Stabilité de \(G\setminus\{O\}\) par multiplication
Soient \(A,B\in G\setminus\{O\}\). Comme \(\varphi\) est surjective, il existe \(a,b\in F\setminus\{0\}\) tels que \(A=\varphi(a)\) et \(B=\varphi(b)\). Alors
Or \(ab\in F\setminus\{0\}\), donc \(AB\in G\setminus\{O\}\).
3) Élément neutre et inverses
L’élément neutre multiplicatif est
Soit \(A\in G\setminus\{O\}\). Il existe \(a\in F\setminus\{0\}\) tel que \(A=\varphi(a)\). Comme \(a^{-1}\in F\setminus\{0\}\), on a \(\varphi(a^{-1})\in G\setminus\{O\}\), et
De même,
Ainsi, chaque élément de \(G\setminus\{O\}\) possède un inverse dans cet ensemble.
4) Associativité et commutativité
L’associativité est héritée de la multiplication matricielle. Enfin, si \(A=\varphi(a)\) et \(B=\varphi(b)\), alors, puisque la multiplication dans \(F\setminus\{0\}\) est commutative,
Lire la correction +
Nous vérifions successivement toutes les propriétés requises.
1) \((G,+)\) est un groupe commutatif
Soient \(M(x,y),M(x',y')\in G\). Comme \(x,y,x',y'\in\mathbb Q\),
La matrice nulle est
et l’opposé de \(M(x,y)\) est
L’associativité et la commutativité de l’addition sont héritées de \(M_2(\mathbb R)\). Ainsi, \((G,+)\) est un groupe commutatif.
2) La multiplication est une loi interne sur \(G\)
Si \(A,B\in G\setminus\{O\}\), la question 3.c donne \(AB\in G\setminus\{O\}\). Si \(A=O\) ou \(B=O\), alors \(AB=O\in G\). Donc, dans tous les cas, \(AB\in G\).
3) \((G\setminus\{O\},\times)\) est un groupe commutatif
Ce résultat a été démontré à la question 3.c. Son élément neutre est
4) La multiplication est distributive par rapport à l’addition
Pour toutes matrices \(A,B,C\in G\), les égalités
sont héritées de l’anneau \(M_2(\mathbb R)\).
5) Les deux éléments neutres sont distincts
La structure additive est un groupe commutatif, tout élément non nul possède un inverse multiplicatif, la multiplication est commutative et distributive par rapport à l’addition, et \(O\neq I\).
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