Correction Concours ENSA Maroc 2018 — Mathématiques
Concours d’accès en 1ère année des ENSA Maroc — Juillet 2018.
Correction détaillée et vérifiée des questions 1 à 20.
Cette page présente la correction pédagogique complète de l’épreuve de mathématiques du Concours ENSA Maroc 2018.
Chaque question est reprise avec ses propositions, un rappel utile, une résolution détaillée et la réponse finale.
Tableau des réponses finales
Correction détaillée question par question
Question 1 — Limite du quotient \(u_n/n\)
On sait que :
\[ \lim_{n\to+\infty}(u_{n+1}-u_n)=2. \]Calculer \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\frac{u_n}{n}\).
On écrit \(u_n-u_0\) comme une somme télescopique des accroissements successifs.
Donc :
\[ \frac{u_n}{n} = \frac{u_0}{n} + \frac1n\sum_{k=0}^{n-1}(u_{k+1}-u_k). \]La suite des accroissements tend vers \(2\). La moyenne de ses \(n\) premiers termes tend donc également vers \(2\), tandis que \(\dfrac{u_0}{n}\to0\).
\[ \lim_{n\to+\infty}\frac{u_n}{n}=2. \]Question 2 — Encadrement d’une suite
Les fonctions sinus et cosinus sont bornées.
Ainsi :
\[ \left|\frac{\sin^2n-\cos^3n}{n}\right| \le\frac2n. \]Comme \(\dfrac2n\to0\), le théorème d’encadrement donne :
\[ \lim_{n\to+\infty}\frac{\sin^2n-\cos^3n}{n}=0. \]Question 3 — Limite logarithmique
On pose \(t=\ln x\). Lorsque \(x\to1^+\), on a \(t\to0^+\).
Or :
\[ \lim_{t\to0^+}t\ln t=0. \]Donc :
\[ \lim_{x\to1^+}\ln x\,\ln(\ln x)=0. \]Question 4 — Somme harmonique
La différence contient exactement \(n\) termes.
Pour tout \(k\in\{n+1,\ldots,2n\}\), on a \(k\le2n\), donc :
\[ \frac1k\ge\frac1{2n}. \]Comme la somme comporte \(n\) termes :
\[ u_{2n}-u_n \ge n\frac1{2n} = \frac12. \]Question 5 — Minoration d’une somme harmonique
Pour la suite précédente, déterminer l’affirmation correcte concernant \(u_{2^{10}}\).
On applique plusieurs fois le résultat \(u_{2n}-u_n\ge\dfrac12\).
Pour \(j=0,\ldots,9\) :
\[ u_{2^{j+1}}-u_{2^j}\ge\frac12. \]En sommant ces dix inégalités :
\[ u_{2^{10}}-u_1\ge10\times\frac12=5. \]Or \(u_1=1\). Donc :
\[ u_{2^{10}}\ge6. \]Question 6 — Cosinus d’un arctangente
Posons \(\theta=\arctan x\). Alors \(\tan\theta=x\) et \(\theta\in]-\pi/2,\pi/2[\).
Donc :
\[ \cos^2\theta=\frac1{1+x^2}. \]Comme \(\theta\in]-\pi/2,\pi/2[\), on a \(\cos\theta\gt0\). Ainsi :
\[ \cos(\arctan x)=\frac1{\sqrt{1+x^2}}. \]Question 7 — Fonction vérifiant \(f(2x)=f(x)\)
\(f:\mathbb R\to\mathbb R\) est continue en \(0\) et vérifie :
\[ f(2x)=f(x). \]On applique la relation à \(x/2\), puis à \(x/2^2\), etc.
Pour tout \(n\in\mathbb N\) :
\[ f(x)=f\left(\frac{x}{2^n}\right). \]Or :
\[ \frac{x}{2^n}\longrightarrow0. \]Par continuité de \(f\) en \(0\) :
\[ f(x) = \lim_{n\to+\infty} f\left(\frac{x}{2^n}\right) = f(0). \]Ainsi, \(f\) est constante sur \(\mathbb R\).
Question 8 — Nombre dérivé
On fait apparaître \(f(x)-f(a)\).
Donc :
\[ \frac{xf(a)-af(x)}{x-a} = f(a) - a\frac{f(x)-f(a)}{x-a}. \]En faisant tendre \(x\) vers \(a\) :
\[ \lim_{x\to a} \frac{xf(a)-af(x)}{x-a} = f(a)-af'(a). \]Question 9 — Intégrale rationnelle
On effectue la division euclidienne de \(x^4\) par \(x^2+1\).
Donc :
\[ \frac{x^4}{x^2+1} = x^2-1+\frac1{x^2+1}. \]Ainsi :
\[ I = \left[\frac{x^3}{3}-x+\arctan x\right]_0^1. \]Par conséquent :
\[ I = \frac13-1+\frac{\pi}{4} = \frac{\pi}{4}-\frac23. \]Question 10 — Intégration par parties
On choisit \(u(x)=\ln(x^2+1)\) et \(v'(x)=x^2\).
Par intégration par parties :
\[ J = \left[\frac{x^3}{3}\ln(x^2+1)\right]_0^{\sqrt3} - \frac23\int_0^{\sqrt3}\frac{x^4}{x^2+1}\,dx. \]Le premier terme vaut :
\[ \frac{(\sqrt3)^3}{3}\ln4 = \sqrt3\ln4 = 2\sqrt3\ln2. \]De plus :
\[ \int_0^{\sqrt3}\frac{x^4}{x^2+1}\,dx = \left[\frac{x^3}{3}-x+\arctan x\right]_0^{\sqrt3} = \frac{\pi}{3}. \]Donc :
\[ J = 2\sqrt3\ln2-\frac23\cdot\frac{\pi}{3} = 2\left(\sqrt3\ln2-\frac{\pi}{9}\right). \]Question 11 — Coordonnées d’un vecteur
Dans le repère \(\left(A,\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AD},\overrightarrow{AE}\right)\), déterminer les coordonnées de \(\overrightarrow{FD}\).
Dans ce repère, \(\overrightarrow{AF}=(1,0,1)\) et \(\overrightarrow{AD}=(0,1,0)\).
Donc :
\[ \overrightarrow{FD} = -(1,0,1)+(0,1,0) = (-1,1,-1). \]Question 12 — Représentation paramétrique
Déterminer une représentation paramétrique de la droite \((FD)\).
La droite passe par \(D(0,1,0)\) et est dirigée par \(\overrightarrow{FD}=(-1,1,-1)\).
Une représentation paramétrique est :
\[ \begin{cases} x=0-t,\\ y=1+t,\\ z=0-t, \end{cases} \qquad t\in\mathbb R. \]Soit :
\[ \begin{cases} x=-t,\\ y=t+1,\\ z=-t. \end{cases} \]Question 13 — Orthogonalité d’une droite et d’un plan
\(I\), \(J\) et \(K\) sont respectivement les milieux de \([AB]\), \([EH]\) et \([BC]\). Déterminer la position de \((FD)\) par rapport au plan \((IJK)\).
Une droite est orthogonale à un plan lorsque son vecteur directeur est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan.
Dans le repère :
\[ I\left(\frac12,0,0\right), \quad J\left(0,\frac12,1\right), \quad K\left(1,\frac12,0\right). \]On écrit :
\[ \overrightarrow{IJ} = -\overrightarrow{AI}+\overrightarrow{AJ} = \left(-\frac12,\frac12,1\right), \] \[ \overrightarrow{IK} = -\overrightarrow{AI}+\overrightarrow{AK} = \left(\frac12,\frac12,0\right). \]Or :
\[ \overrightarrow{FD}\cdot\overrightarrow{IJ} = (-1)\left(-\frac12\right) +1\left(\frac12\right) +(-1)(1) =0, \] \[ \overrightarrow{FD}\cdot\overrightarrow{IK} = (-1)\left(\frac12\right) +1\left(\frac12\right) +(-1)(0) =0. \]Les vecteurs \(\overrightarrow{IJ}\) et \(\overrightarrow{IK}\) ne sont pas colinéaires. Donc :
\[ (FD)\perp(IJK). \]Question 14 — Équation cartésienne d’un plan
Déterminer une équation du plan \((IJK)\).
Le vecteur \(\overrightarrow{FD}=(-1,1,-1)\) est normal au plan.
Une équation du plan est de la forme :
\[ -x+y-z+d=0. \]Comme \(I\left(\dfrac12,0,0\right)\) appartient au plan :
\[ -\frac12+d=0, \qquad d=\frac12. \]On obtient :
\[ -x+y-z+\frac12=0. \]En multipliant par \(-1\) :
\[ x-y+z-\frac12=0. \]Question 15 — Intersection d’une droite et d’un plan
Déterminer les coordonnées du point \(M=(FD)\cap(IJK)\).
On remplace la représentation paramétrique de la droite dans l’équation du plan.
Sur \((FD)\) :
\[ x=-t,\qquad y=t+1,\qquad z=-t. \]Dans l’équation \(x-y+z-\dfrac12=0\) :
\[ -t-(t+1)-t-\frac12=0. \]Donc :
\[ -3t-\frac32=0, \qquad t=-\frac12. \]Ainsi :
\[ M\left(\frac12,\frac12,\frac12\right). \]Question 16 — Nature d’un triangle
Déterminer la nature du triangle \(IJK\).
On compare les carrés des trois longueurs.
On constate que :
\[ \|\overrightarrow{IJ}\|^2 + \|\overrightarrow{IK}\|^2 = \|\overrightarrow{JK}\|^2. \]D’après la réciproque du théorème de Pythagore, le triangle \(IJK\) est rectangle en \(I\).
Question 17 — Nombre de grilles possibles
Le QCM comporte 20 questions et quatre choix par question.
On applique le principe multiplicatif.
Pour chacune des 20 questions, il existe quatre choix possibles. Le nombre total de grilles est donc :
\[ \underbrace{4\times4\times\cdots\times4}_{20\ \text{facteurs}} = 4^{20}. \]Question 18 — Aucune bonne réponse
Calculer la probabilité \(P(A_0)\) de ne donner aucune réponse correcte.
Pour chaque question, trois réponses sur quatre sont fausses.
La probabilité de répondre faux à une question est :
\[ \frac34. \]Les 20 choix étant indépendants :
\[ P(A_0) = \left(\frac34\right)^{20} = \frac{3^{20}}{4^{20}}. \]Question 19 — Exactement \(n\) bonnes réponses
Calculer \(P(A_n)\), la probabilité d’obtenir exactement \(n\) bonnes réponses.
Le nombre de réponses correctes suit une loi binomiale de paramètres \(20\) et \(\dfrac14\).
On choisit d’abord les \(n\) questions correctement répondues de \(\mathrm C_{20}^{n}\) façons.
La probabilité associée est :
\[ P(A_n) = \mathrm C_{20}^{n} \left(\frac14\right)^n \left(\frac34\right)^{20-n}. \]Donc :
\[ P(A_n) = \frac{\mathrm C_{20}^{n}3^{20-n}}{4^{20}}. \]Question 20 — Au moins six bonnes réponses
Calculer la probabilité d’obtenir au moins six réponses correctes.
« Au moins six » signifie \(X\ge6\).
En utilisant le résultat de la question précédente :
\[ P(X\ge6) = \sum_{n=6}^{20} \frac{\mathrm C_{20}^{n}3^{20-n}}{4^{20}}. \]Conseil de travail
Cette épreuve alterne questions rapides et exercices liés. Il faut réutiliser les résultats déjà établis, notamment pour la somme harmonique, la géométrie du cube et la loi binomiale. Dans les calculs vectoriels, les coordonnées doivent toujours être déduites à partir des vecteurs de position et des relations de Chasles.
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