Correction des exercices 41 à 42 — Limite et continuité
Manuel Al Moufid — 2e Bac Sciences Mathématiques
Ces deux exercices prolongent directement l’étude du théorème des valeurs intermédiaires. Il ne s’agit plus seulement de montrer qu’une équation possède une solution : plusieurs questions demandent également de prouver que cette solution est unique, puis de l’encadrer avec une précision déterminée.
Pour établir l’existence, on utilise la continuité et un changement de signe sur un segment. Pour établir l’unicité, il faut ajouter une propriété qui empêche la fonction de reprendre deux fois la même valeur : ici, la stricte monotonie. Enfin, lorsque la solution unique est déjà localisée dans un segment, la méthode de dichotomie permet de réduire progressivement la longueur de l’encadrement en étudiant le signe de la fonction au milieu du segment.
Exercice 41
Si une fonction \(F\) est continue sur un segment \([a,b]\) et si \(F(a)F(b)\lt0\), le théorème des valeurs intermédiaires assure l’existence d’au moins une solution de \(F(x)=0\) dans \(]a,b[\). Cette condition ne suffit pas, à elle seule, pour établir l’unicité. Lorsque \(F\) est en plus strictement monotone sur l’intervalle étudié, une même valeur ne peut être prise qu’une seule fois : la solution est alors unique.
Montrer que l’équation
La question demande deux choses différentes : l’existence puis l’unicité. Pour l’existence, on cherche deux valeurs simples appartenant à \(]-\infty,\frac12]\) entre lesquelles la fonction change de signe. Les nombres \(-1\) et \(0\) conviennent. Pour l’unicité, on étudie ensuite la dérivée. Si celle-ci est strictement positive sur \(\mathbb R\), la fonction est strictement croissante sur tout \(\mathbb R\) et elle ne peut donc avoir qu’un seul zéro.
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Posons :
La fonction \(F\) est polynomiale, donc continue sur \(\mathbb R\). De plus :
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe au moins une solution \(\alpha\in]-1,0[\).
Étudions maintenant la monotonie :
Or :
Ainsi :
pour tout \(x\in\mathbb R\). La fonction \(F\) est donc strictement croissante sur \(\mathbb R\), et l’équation ne peut avoir qu’une seule solution.
En particulier, cette solution est l’unique solution dans \(]-\infty,\frac12]\).
Montrer que la courbe de la fonction
Dire que la courbe \(C_f\) coupe l’axe des abscisses revient à chercher les solutions de \(f(x)=0\). On commence donc par établir l’existence d’une solution entre \(-1\) et \(0\) grâce au changement de signe. Pour montrer que le point d’intersection est unique, on étudie ensuite le sens de variation de \(f\) sur \(\mathbb R\).
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La fonction \(f\) est polynomiale, donc continue sur \(\mathbb R\). On calcule :
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe au moins un réel \(\alpha\in]-1,0[\) tel que \(f(\alpha)=0\).
De plus :
pour tout \(x\in\mathbb R\). La fonction \(f\) est donc strictement croissante sur \(\mathbb R\), d’où l’unicité de la solution.
On considère
Pour obtenir trois solutions distinctes, on cherche trois intervalles disjoints sur lesquels la fonction continue \(g\) change de signe. Le TVI donnera alors au moins une solution dans chacun de ces intervalles. Il faudra ensuite justifier qu’il n’existe pas de quatrième solution : comme \(g\) est un polynôme de degré \(3\), il ne peut avoir plus de trois racines réelles distinctes.
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La fonction \(g\) est polynomiale, donc continue sur \(\mathbb R\). Calculons :
D’après le théorème des valeurs intermédiaires :
- il existe \(x_1\in]-2,0[\) tel que \(g(x_1)=0\) ;
- il existe \(x_2\in]0,2[\) tel que \(g(x_2)=0\) ;
- il existe \(x_3\in]2,6[\) tel que \(g(x_3)=0\).
Ces trois intervalles étant disjoints, les solutions sont distinctes. Comme \(g\) est un polynôme de degré \(3\), il ne peut pas avoir plus de trois racines réelles distinctes.
En déduire le signe de \(g(x)\) sur \(\mathbb R\).
La question précédente a établi que le polynôme de degré \(3\) possède exactement trois racines réelles distinctes. Comme son coefficient dominant vaut \(1\), on peut le factoriser à l’aide de ces racines. Le signe de chaque facteur \(x-x_i\) permet alors de déterminer le signe du produit sur les quatre intervalles séparés par \(x_1\), \(x_2\) et \(x_3\).
Afficher la correction de la question 3.b Masquer la correction de la question 3.b
Le polynôme \(g\) est unitaire, de degré \(3\), et admet exactement les trois racines distinctes \(x_1,x_2,x_3\). On peut donc écrire :
Le signe de \(g(x)\) alterne à chaque racine simple. Ainsi :
Exercice 42
La dichotomie s’applique après avoir localisé une solution unique \(\alpha\) dans un segment \([a,b]\). On calcule le milieu \(m=\frac{a+b}{2}\), puis on étudie le signe de \(f(m)\). On conserve la moitié du segment dont les extrémités encadrent encore la racine. Chaque étape divise par \(2\) la longueur de l’intervalle qui contient \(\alpha\).
On considère la fonction \(f\) définie sur \([0,1]\) par :
Question 1). Montrer que l’équation \(f(x)=0\) admet une unique solution \(\alpha\) dans \(]0,1[\).
Avant de pouvoir utiliser la dichotomie, il faut établir qu’une unique racine existe dans l’intervalle initial. La continuité de \(f\) et le changement de signe entre \(0\) et \(1\) donneront l’existence. Pour l’unicité, on calcule \(f'\) et on montre qu’elle est strictement positive sur \(]0,1[\), ce qui rend \(f\) strictement croissante.
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La fonction \(f\) est continue sur \([0,1]\). On calcule :
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe au moins une solution \(\alpha\in]0,1[\).
Pour \(x\in]0,1[\) :
Or \(\sin(\pi x)\gt0\) sur \(]0,1[\). Ainsi :
La fonction \(f\) est strictement croissante sur \([0,1]\). La solution est donc unique.
Par la méthode de dichotomie, trouver un intervalle \([a,b]\) de longueur \(0{,}25\) tel que
On part de l’encadrement \(0\lt\alpha\lt1\) obtenu précédemment. Le segment initial a une longueur \(1\). Une première dichotomie donnera un segment de longueur \(\frac12\), puis une deuxième donnera un segment de longueur \(\frac14=0{,}25\). À chaque étape, le signe de \(f\) au milieu indique quelle moitié doit être conservée.
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Le premier milieu de \([0,1]\) est \(\frac12\). On a :
Comme \(f(0)\lt0\), on conserve l’intervalle \([0,\frac12]\).
Le milieu de \([0,\frac12]\) est \(\frac14\). On a :
Les deux termes sont positifs et :
Donc :
Comme \(f(\frac14)\lt0\) et \(f(\frac12)\gt0\), l’unique solution vérifie :
La longueur de l’intervalle est :
À retenir — Existence, unicité et dichotomie
Si \(f\) est continue sur \([a,b]\) et si \(f(a)f(b)\lt0\), alors l’équation \(f(x)=0\) possède au moins une solution dans \(]a,b[\).
Le théorème des valeurs intermédiaires ne donne pas, à lui seul, l’unicité. Lorsque la fonction est strictement monotone sur l’intervalle, elle ne peut prendre la valeur \(0\) qu’une seule fois. On obtient alors une unique solution.
Pour prouver l’existence de plusieurs racines distinctes, on peut chercher plusieurs intervalles disjoints sur lesquels une fonction continue change de signe. Chaque intervalle fournit alors au moins une racine distincte.
Une fois les racines réelles distinctes ordonnées, la factorisation du polynôme permet d’étudier son signe. Lorsque chaque racine est simple, le signe change lors du passage par cette racine.
On calcule le milieu du segment contenant la solution unique puis on conserve la moitié dans laquelle le changement de signe subsiste. La longueur du segment est divisée par \(2\) à chaque étape, ce qui fournit des encadrements de plus en plus précis de la solution.
Dans ces exercices, le théorème des valeurs intermédiaires donne donc le point de départ : l’existence. La monotonie permet de passer de l’existence à l’unicité, tandis que la dichotomie transforme ensuite cette information qualitative en un encadrement numérique de la solution.
Lycée Oum Erbiaâ — M’rirt
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